JUSTICE - Lors de la troisième journée d'audience, Imad Lahoud a lourdement chargé Jean-Louis Gergorin puis Dominique de Villepin...
Mise à jour 19h40: Imad Lahoud a déclaré connaître Dominique de Villepin depuis 2005. Jusqu'alors, les deux hommes avaient toujours nié se connaître.
En début d'après-midi, il était presque détendu. Souriant, en tous cas. Mais, à l'issue de la troisième journée d'audience du procès Clearstream, Imad Lahoud avait perdu de ses couleurs. Au bout de trois heures, l'agrégé de mathématiques a reconnu avoir ajouté le nom de Nicolas Sarkozy dans les fameux listings Clearstream. «J'ai recopié sur une feuille Excel un modèle papier que m'a donné Jean-Louis Gergorin, a-t-il lâché à la barre. Avec les patronymes Stéphane Bocsa et Paul de Nagy.» La scène se serait déroulée en mars 2004 dans le bureau des patrons des Renseignements Généraux de l'époque.
Gergorin trépigne sur le banc
Un petit aveu pour une grosse accusation. Car, dans la foulée, le franco-libanais de 41 ans a avoué avoir cédé aux pressions de Jean-Louis Gergorin en agissant ainsi. «J'étais devenu sa chose (...) Il venait chez moi à 21h. Il a tout fait pour que j'apparaisse comme le commanditaire de cette affaire.»
Sur le petit banc des prévenus, l'ancien vice-président d'EADS trépigne. Quand le président lui donne enfin le droit de se lever, il n'y va pas par quatre chemins. «Une fois de plus, Imad Lahoud a démontré qu'il avait une grande faculté à l'imagination. C'est grotesque. Loufoque.» Jean-Louis Gergorin choisit la solution de facilité. Il sait que son ancien acolyte pâtit d'une réputation d'affabulateur. Au cours de l'instruction, il a donné une bonne dizaine de versions différentes. Le président du tribunal aussi le sait. «Ce n'est pas d'une grande cohérence générale», finit-il par dire. Il devra encore patienter pour avoir le fin mot de l'histoire.
Vincent Vantighem, envoyé au spécial au Palais de Justice de Paris