JUSTICE - Synthèse du premier jour d'audience...
Dominique de Villepin avait affûté ses armes. Et il n'a pas pu s'empêcher de les dégainer avant même
l'ouverture de l'audience du procès Clearstream, ce lundi. «Je suis là par la volonté et l'acharnement d'un homme: Nicolas Sarkozy. J'en sortirai libre et blanchi au nom du peuple français», a-t-il lâché dans la salle des pas perdus. Le procès s'est ouvert, lundi, dans une ambiance électrique au Palais de justice de Paris.
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Dans la salle où fut jugée Marie-Antoinette en son temps, il n'a pas été question de guillotine mais bien de croc de boucher. Celui-là même où Nicolas Sarkozy aimerait que les coupables de cette affaire soient pendus.
«C'est d'une violence inouïe. Le président de la République ne peut pas nier qu'il est passionné par cette affaire», a lancé Henri Leclerc. Doyen des quatre avocats qui défendent Villepin, c'est lui qui a été envoyé en première ligne, hier. Les bras moulinant l'air, il a tenté d'expliquer l'incongruité d'être à la fois Président de la République et partie civile dans une telle affaire judiciaire. Thierry Herzog n'est pas adepte de ce genre «d'envolées lyriques».
«C'est d'une violence inouïe»
Le truc de l'avocat de Nicolas Sarkozy, c'est plutôt la guerre d'usure. Pendant près de deux heures, il a donc décortiqué méthodiquement les coupures de presse et les procès-verbaux de ces trois dernières années. Avec une conclusion en forme d'estocade: «Mon client s'est constitué partie civile en 2006 quand il était encore Ministre. Je ne vois pas pourquoi il ne pourrait pas intervenir après avoir été élu.»
Le tribunal non plus. Son président a décidé d'attendre la fin du procès pour se prononcer sur son point. Dominique de Villepin a perdu la première bataille. Mais la guerre ne fait que commencer.
Vincent Vantighem