INTERVIEW - La présidente de la SPA réagit au rapport de la cour des Comptes...
Pourquoi la Société de protection des animaux (SPA) ne réagit-t-elle pas aux critiques de la Cour des comptes?
Il y a eu des mesures. Par exemple, les filiales régionales ont été rattachées pour mieux contrôler leur gestion, notamment la comptabilité. Mais ce n’est pas suffisant car l’association a beaucoup grandi entre temps. Depuis 2002, le nombre d’adhérents et les ressources ont presque doublé.
Comment comptez-vous rétablir la confiance des donateurs?
La SPA est dans une situation de crise exceptionnelle. Elle ne peut plus fonctionner et c’est pour cela que j’ai demandé l’intervention d’un administrateur judiciaire. Je suis bénévole et je souhaite les décisions les plus justes pour les donateurs et les animaux. Si le ministère de l’Intérieur me le demande, je serais prête à quitter mon poste s’il le faut. Deux enquêtes sont aussi en cours sur les legs et les chantiers. Il faut laisser la justice faire son travail.
A combien estimez-vous le nombre de refuges «indignes»?
C’est vrai que les conditions sont plus ou moins favorables d’un lieu à un autre mais je n’accepte pas qu’on parle de «conditions indignes». Ce serait insulter les bénévoles. Un refuge n’est pas un lieu de loisir. C’est toujours triste mais n’oublions pas que ce n’est pas la SPA qui met les animaux à la rue. Au contraire, elle en accueille plus de 40.000.
Recueilli par Angeline Benoit
Association
Créée en 1845, ce qui en fait une des plus anciennes associations de France, la Société protectrice des animaux (SPA) est un «établissement d’utilité publique» dont la mission est «d’améliorer le sort des animaux». En 2007, l'organisation, qui compte 568 salariés et 58 délégations régionales, a collecté 24 millions d'euros de dons. Environ 80% de ces ressources provenaient de testaments. Si cette SPA est la première en France par le nombre d'adhérents (78.226) et de donateurs (96.495), il en existe d'autres sur tout le territoire, qui ne sont pas concernées par le rapport de la Cour des comptes. Il s'agit d'associations totalement indépendantes qui ne dépendent en rien de la SPA de Paris, a rappelé ce lundi la confédération nationale des SPA, basée à Lyon.