ASSOCIATION- La Cour des comptes dénonce une dérive grave. Le gouvernement a saisi la justice...
Des animaux négligés malgré la générosité de dizaines de milliers de donateurs. La Cour des comptes
a tapé du poing sur la table, lundi, à l'occasion de la présentation
de son troisième rapport sur la Société protectrice des animaux (SPA). «La SPA compromet sa mission de protection animale et trahit la confiance de ses donateurs. Jamais encore la Cour n'a été confrontée à un tel cas», s'est insurgé son premier président, Philippe Séguin, rappelant que la première alerte remonte à 2002. «Cela fait plus de huit ans que nous critiquons la gestion de la SPA et nous ne constatons pas d'amélioration. Elle n'a pas su redresser la barre», contrairement à d'autres qui ont pu le faire comme l'Association pour la recherche sur le cancer (Arc) qui avait été épinglée en 1993, a-t-il regretté.
La balle dans le camp de la justice
La Cour dresse
un constat accablant du fonctionnement d'une des plus anciennes associations de France. Alors que les dons, en hausse de 20 % entre 2003 et 2007, «illustrent la confiance de l'opinion publique», l'argent est gaspillé et de nombreux refuges restent vétustes, souligne le rapport. Il va même jusqu'à s'interroger sur une utilisation frauduleuse des fonds. La gravité de la situation a poussé la Cour à alerter les trois ministères de tutelle de la SPA - l'Agriculture, l'Intérieur et la Jeunesse - pour que des mesures soient prises. La balle est désormais dans le camp de la justice, le ministère de l'Intérieur ayant demandé au préfet de Paris de saisir le tribunal de grande instance afin qu'un administrateur judiciaire soit désigné. Le ministère a aussi informé le procureur de la République que des faits passibles de poursuites pénales avaient pu être commis.
Angeline Benoit