Sa mission : auditer Clearstream
Pourtant, sans Florian Bourges, il n'y aurait pas d'affaire Clearstream. En 2001, c'est lui qui a envoyé par email les fichiers Clearstream au journaliste Denis Robert. C'était bien avant qu'ils ne soient trafiqués. Il avait découvert l'existence de «comptes non publiés» chez Clearstream. Basiquement, on peut les comparer à des tuyaux opaques dans lesquels l'argent transite en toute discrétion entre deux personnes.
Visage juvénile sur costard d'analyste financier, Florian Bourges fouine. Dans les fichiers Clearstream, il n'y a pas encore le nom de Sarkozy, mais déjà quelques «anomalies». Il choisit un pseudo, balance les données à Denis Robert qui le met en contact avec Imad Lahoud. Les fichiers sont alors manipulés. La machine est lancée. Elle ne s'arrêtera plus.
C'est lui qui risque le plus gros
«On s'est servi des données de Florian, défend son avocat. Mais il n'est pour rien dans tout ça. On ne joue pas dans les mêmes divisions que Villepin et consorts... Aujourd'hui, il veut juste passer à autre chose.» Peine perdue. Le Breton a bien tenté de s'occuper de crèches associatives dans les Hauts-de-Seine: les parents étaient paniqués lorsqu'ils découvraient son visage dans les journaux. Il a bien tenté d'ouvrir une boîte d'import-export: les clients n'avaient pas confiance.
Pour tirer un trait définitif sur tout ça, Pierre-Edouard Gondran de Robert va donc plaider la relaxe. Florian Bourges n'a peut-être pas le pedigree des autres protagonistes de l'affaire. Mais pour leur avoir fourni les listings avant leur falsification, c'est lui qui risque le plus gros. Le «vol» et «l'abus de confiance» sont passibles de trois ans de prison et 375.000 euros d'amende.