A la hussarde. Faute de toits disponibles pour les étudiants, le collectif Jeudi noir a créé à l'occasion de la rentrée universitaire, demain, une Cité U « sauvage » dans un bâtiment abandonné de 1 800 m2 à Paris, près de la Bastille. Objectif : dénoncer la crise du logement étudiant. Si le pays manque encore cruellement de chambres et de studios peu onéreux pour ses 2,2 millions d'étudiants - à Toulouse, le Crous dit avoir « reçu 35 000 demandes pour 8 300 places » -, la situation s'améliore. Pour la première fois, une partie des objectifs fixés en 2004 par le plan Anciaux (du nom d'un député UMP expert en la matière) vont être dépassés cette année : le plan soulignait la nécessité de réhabiliter 7 000 chambres en résidences universitaires chaque année d'ici à 2014. Or en 2009, pas moins de 8 412 chambres auront été rénovées.

En revanche, côté construction, les pelleteuses tournent trop au ralenti : « seules » 3 807 nouvelles chambres, sur les 5 000 visées, seront sorties de terre en 2009. Dans ce contexte, la démolition de 558 logements de la résidence Jean-Zay d'Antony (Hauts-de-Seine), préférée à leur rénovation, a fait polémique.

En trois ans, un peu plus de 30 000 chambres auront tout de même été mises à disposition des étudiants. « C'est du jamais vu en matière de logement étudiant depuis plus de trente ans », se targue l'entourage de la ministre de l'Enseignement supérieur, Valérie Pécresse.

Un satisfecit que l'Unef, syndicat étudiant (à gauche), s'empresse d'attaquer. « Certes il y a du mieux depuis deux ans, grâce notamment aux crédits du plan de relance, souligne Jean-Baptiste Prévost, son président. Mais la ministre a beau jeu de se féliciter, tous les engagements pris ne sont pas tenus. » L'Unef milite pour que les 30 % de boursiers puissent être logés en Cité U s'ils le veulent, alors que seuls 7 % d'entre eux y ont droit aujourd'hui. Une proportion qui tombe même à 3 % en région parisienne. Résultat, certains jeunes se reportent sur les nouveaux logements développés par le gouvernement, souvent originaux mais pas toujours confortables (lire ci-dessous). Faute de mieux ? W

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