Les cyclistes refusent de rester sur le bord de la chaussée. A la veille des annonces attendues de Nicolas Sarkozy sur la taxe carbone, le Club des villes et territoires cyclables, qui regroupe un millier de collectivités en France, s'invite dans le débat. Il a demandé hier qu'une partie du produit de cette taxe serve à « développer la pratique du vélo en France ».

Les élus réclament deux mesures. En premier lieu, la création d'un crédit d'impôt ou d'un « chèque vélo » pour chaque premier achat de bicyclette, d'un montant de 40 % du prix et plafonné à 200 euros (400 euros pour un vélo électrique). A titre de comparaison, le prix moyen des 3,7 millions de vélos qui se sont vendus l'année dernière était de 260 euros. Cette mesure devrait coûter 150 millions d'euros. « Le gouvernement a bien mis en place une prime à la casse pour favoriser l'achat d'automobiles moins polluantes », rappelle Jean-Marie Darmian, président du club et maire de Créon (Gironde), pour justifier ce dispositif. La seconde mesure proposée serait en faveur des salariés se rendant à leur travail à vélo : « L'employeur pourrait verser 0,20 euros par kilomètre à ses salariés cyclistes, à la place de la prime transport. »

Les élus ne comptent pas s'arrêter là. Ils demandent à Dominique Bussereau, secrétaire d'Etat aux Transports, « un vrai plan national vélo ». « Il ne faut plus voir le vélo comme un simple loisir, mais comme un mode de transport alternatif à la voiture, lance Jean-Marie Darmian. Nous avons besoin de mesures incitatives pour changer les mentalités. » « Nous ne pouvons plus nous contenter de 2 ou 3 % des déplacements à vélo, quand 50 % des trajets de moins de 3 km se font en voiture. Notre marge de progression est énorme », ajoute Alain Jund, maire adjoint chargé des déplacements à Strasbourg. Cette ville ambitieuse veut passer de 10 % de trajets effectués à vélo à 20 % et se rapprocher de Karlsruhe, Fri­­­bourg (Allemagne) et Copenhague (Danemark), qui oscillent « entre 27 et 35 % ».

Mais Strasbourg reste un cas à part. Gilles Pérole, maire adjoint de Mouans-Sartoux (Alpes-Maritimes) estime que « si nous pouvions déjà atteindre 10 ou 15 %, ce serait bien ». Les grandes villes sont beaucoup plus prudentes : Gérard Collomb, à Lyon, vise 7,5 % d'ici à 2020 et Martine Aubry, moins de 10 % à Lille. A Paris, malgré l'augmentation de 55 % du nombre de vélos entre 2007 et 2008, grâce notamment à Vélib', Bertrand Delanoë ne peut guère espérer mieux. W

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