Concrètement, comment fonctionnait les bonus dans votre ancienne banque?

C’était très peu transparent, leur attribution était très discrétionnaire. Ils étaient très attendus, puisqu’ils pouvaient représenter jusqu’à 10 fois le salaire. Mais, leur montant dépendait beaucoup de ses relations avec son supérieur hiérarchique. Il disposait d’une enveloppe, dont la répartition n’était pas toujours équitable. J’en ai fait les frais, c’est ce qui m’a incité à partir. Aujourd’hui à Londres, où je travaille comme courtier, ces règles figurent dans mon contrat, ce qui n’était pas le cas à Paris.

D’autres que les traders touchent-ils des bonus?

Oui, mais dans des proportions moindres. Les bonus les plus importants sont versés à ceux qui rapportent le plus, pas forcément qui travaillent le plus.

Quel regard portez-vous sur cette polémique?

Cela m’agace un peu. Ce n’est pas de l’argent volé, c’est le fruit du travail. On rémunère la performance. Un trader qui travaille très dur, douze heures par jour, et qui touche 300.000 euros de bonus, cela ne me choque pas. D’autant qu’on n’est pas trader toute sa vie, se pose ensuite la question de la reconversion.

Que pensez-vous des mesures annoncées?

C’est intéressant, notamment le principe du différé. Maintenant trop de réglementation à Paris fera le jeu des places étrangères, notamment Londres qui se développe actuellement.

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