Quand Intermarché fait la claque à Luc Chatel

143 contributions
Publié le 19 août 2009.

POLEMIQUE - L'enseigne a invité ses salariés à faire de la figuration lors d'une visite du ministre dans l’un des magasins...

Tu fais quoi ce matin? Tu veux faire de la figuration? Des salariés d'Intermarché ont été invités à rester lors d'une visite lundi du ministre de l'Education nationale Luc Chatel dans un magasin du Val-de-Marne. Une initiative dont l'enseigne a assumé l'entière responsabilité. Accompagné du secrétaire d'Etat au Commerce Hervé Novelli, Luc Chatel faisait ce jour-là la promotion de l'opération «les essentiels de la rentrée», des fournitures scolaires à bas prix, résultat d'un accord entre le ministère de l'Education et des enseignes de distribution.
 
Intermarché s'excuse
 
La direction d'Intermarché a tenu, ce mercredi, à affirmer «avoir pris l'initiative d'inviter un certain nombre de (ses) salariés à l'occasion de la venue des ministres dans l'un de ses magasins à Villeneuve-le-Roi». Cette mise au point intervenait après plusieurs informations parues dans la presse, laissant entendre que l'UMP avait convié des militants à cette visite ou, du moins, que des sympathisants UMP avaient fait du zèle.
 
«Cette initiative est le seul fait d'Intermarché et en aucun cas ni le ministre, ni ses collaborateurs n'y ont été associés ni même informés. Intermarché regrette cette initiative inappropriée et tient à présenter aux ministres et aux journalistes présents ses excuses», conclut l'enseigne.
 
Luc Chatel n'aime pas fayots
 
Dans des lettres à trois médias (France Inter, France Info et Libération), le ministre a «condamné fermement» le «procédé» d'Intermarché invitant des salariés à «faire figuration». «Cette initiative me choque parce qu'elle est à l'opposé de mes convictions et mes pratiques (...) J'ai effectué de très nombreux déplacements, notamment dans des grandes surfaces, et jamais je n'ai imaginé une mise en scène artificielle de nature à tromper le grand public ou la presse», a-t-il ajouté.
 
Son entourage, questionné par l'AFP pour savoir si le ministre avait incité Intermarché à faire le communiqué, n'a pas souhaité s'exprimer.  Lundi, les nombreux journalistes présents à l'Intermarché, dont une journaliste de 20minutes.fr, s'étaient interrogés sur la présence de plusieurs femmes, avec quelques fournitures scolaires au fond de leurs caddies, restées près du rayon des «essentiels de la rentrée» pendant toute la visite ministérielle.

Au bon endroit, au bon moment...
 
Sur place, l'AFPTV avait interrogé la directrice de la communication des Mousquetaires, dont Intermarché est l'une des enseignes: Marie-Christine Lavaux avait nié tout rôle d'Intermarché dans une éventuelle mise en scène. Réinterrogée mercredi, celle-ci a assuré qu'elle n'était alors pas au courant de la présence de ces salariées. Mais elle a expliqué que figurait parmi celles-ci Virginie Meyniel, conseillère municipale à la mairie de droite de Vulaines-sur-Seine (Seine-et-Marne), situé à une cinquantaine de kilomètres de l'Intermarché en question. Une femme que Luc Chatel a interrogée devant les caméras et qui a assuré connaître et apprécier les «essentiels de la rentrée».

Interrogée par l'AFPTV, Virginie Meyniel a dit qu’Intermarché ne lui avait pas demandé de venir. Interrogée mardi par l'AFP, la conseillère municipale a assuré: «Je ne suis pas encartée UMP», sans toutefois dire qu'elle était salariée d'Intermarché. Elle a expliqué s'être rendue chez ses parents qui habitent près du magasin, puis être allée faire ses courses. Elle n'était pas joignable mercredi.
M.D avec agence
publicité
publicité
publicité
publicité
Les dernières contributions

Chargement des contributions en cours

Réagissez à cet article
Vous souhaitez contribuer ? Inscrivez- vous, ou .
Confirmer l'alerte de commentaire
Annuler
publicité
publicité
Se connecter avec Facebook
S'identifier sur 20minutes.fr