Michèle Alliot-Marie, l'inoxydable

POLITIQUE La nouvelle garde des Sceaux est ministre sans discontinuer depuis mai 2002, mais ses nouvelles fonctions ne sont pas un cadeau...

Julien Ménielle

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 Michèle Alliot-Marie à Bastia le 5 avril 2009

 Michèle Alliot-Marie à Bastia le 5 avril 2009 — AFP PHOTO STEPHAN AGOSTINI

La France tient sa dame de fer. Depuis mai 2002, Michèle Alliot-Marie est de tous les gouvernements. Après La Défense et l'Intérieur, la voilà qui débarque à la Justice, avec le statut de ministre d'Etat, qui plus est. Une consécration pour cette chiraquienne perdue en pleine sarkozie? Pas si sûr. MAM aurait même traîné des pieds avant de donner sa réponse, mardi, ne se prononçant qu'en toute fin de journée alors que la Chancellerie lui avait été proposée en fin de matinée.

En fait de promotion, Michèle Alliot-Marie aurait même été «exfiltrée» -selon l'expression du «Monde»- du ministère de l'Intérieur, l'Elysée ne la jugeant pas capable d'assurer à la fois la sécurité et la réforme des collectivités territoriales. Pour la convaincre de quitter la place Beauvau, convoitée de longue date par Brice Hortefeux, il se murmure même que la possibilité de lui adjoindre Christian Estrosi pour les questions de sécurité a été évoquée.

Les prisons et Hadopi

Au bout du compte, MAM a fini par accepter son sort et hérite, en tant que garde des Sceaux, des épineux dossiers laissés par Rachida Dati. A commencer par celui des prisons, que la ministre devrait laisser aux bons soins de son nouveau secrétaire d'Etat à la Justice, Jean-Marie Bockel. Un dossier sur lequel Rachida Dati s'est cassé les dents, et sur lequel les syndicats n'attendent «pas de miracles» de son successeur, à l'image de la CGT-Pénitentiaire, qui s'est déjà fendue d'un communiqué.

Mais comme cela semblait ne pas suffire, Michèle Alliot-Marie s'est vue refiler le dossier chaud bouillant d'un de ses collègues, lui aussi fraîchement nommé. Frédéric Mitterrand ne s'estimant pas encore suffiamment compétent sur Hadopi, c'est la garde des Sceaux qui a été chargée d'en présenter la version retoquée ce mercredi en conseil des ministres.

Réformer sans démagogie

Un conseil des ministres au cours duquel Nicolas Sarkozy a demandé à ses ministres de faire preuve «d'audace réformatrice». Un message repris par le député socialiste André Vallini, qui a appelé MAM à mener une «grande réforme» de la justice, en se gardant «de la démagogie qui conduit après chaque fait divers» à «annoncer une nouvelle réforme».

Premier chantier: la loi sur les bandes violentes, examinée depuis mardi à l'Assemblée. «Je veillerai avec beaucoup d'attention et de détermination à la fermeté de l'action publique pour la protection de nos concitoyens», a déjà assuré la garde des Sceaux.