Un trio féminin côté gouvernement pour le «Grenelle des ondes»: Nathalie Kosciusko-Morizet, Roselyne Bachelot et Chantal Jouanno
Un trio féminin côté gouvernement pour le «Grenelle des ondes»: Nathalie Kosciusko-Morizet, Roselyne Bachelot et Chantal Jouanno - AFP

Le «Grenelle des ondes» a accouché de dix orientations sur les radiofréquences, présentées ce lundi au cours de sa table ronde finale. Celles-ci ciblent davantage les téléphones mobiles, déjà présentés par Roselyne Bachelot comme le véritable danger, que les antennes-relais. Pour les associations c'est une petite victoire, mais cela reste insuffisant.

Interdire le portable à l'école

Parmi les mesures retenues par le gouvernement, figurent la «proposition d'une offre de SMS exclusive sans service voix», la mise au point de téléphones mobiles sans haut parleur «rendant l'usage de l'oreillette indispensable», et l'interdiction d'utiliser un portable à l'école primaire. Cette mesure étant aujourd'hui du ressort de chaque établissement.

Des propositions qui «méritent d’être soulignées», reconnaissent les associations, qui regrettent cependant «qu’une question de santé publique n’ait pu faire l’objet d’un débat scientifique pluraliste, faute de temps». Agir pour l’Environnement et Priartém se félicitent cependant de leur «pugnacité» qui a eu «pour partie raison des a priori formulés par le Premier ministre et sa ministre de la Santé, présupposant, sans l’étayer scientifiquement, que les antennes-relais n’avaient pas d’effets sur la santé des riverains».

«Des incertitudes»

Les ministres Roselyne Bachelot (Santé), Nathalie Kosciusko-Morizet (Economie numérique) et Chantal Jouanno (Ecologie) ont en effet conclu que s'il y avait «des incertitudes» concernant les antennes-relais, «personne n'a pu conclure qu'il y avait un risque». Les ministres défendent le «principe d'attention», parce que, disent-elles, il faut répondre aux inquiétudes du public et mettre à sa disposition une «large information». Mais elles soulignent d'emblée qu'actuellement «une révision de seuils réglementaires n'est pas justifiée d'un point de vue sanitaire».

En attendant la publication en septembre d'une étude de l'agence sanitaire concernée (Afsset), elles prônent «un suivi raisonné des seuils d'exposition» au moyen de modélisations mathématiques qui établiraient l'impact sur la qualité du service d'une réduction des seuils. «Le cas échéant», des expérimentations pourraient être menées dans des lieux sensibles de villes volontaires, comme Courbevoie ou Pau.

Des villes test

Selon Janine Le Calvez, présidente de Priartém, il convient de fixer «une valeur d’exposition maximale réellement protectrice des populations exposées», citant à nouveau le 0,6 V/m évoqué de longue date.  L'association des maires des Grandes Villes de France (AMGVF) a souhaité ce lundi que des expérimentations de diminution des champs d'exposition soient lancées «dès cet été» et «à l'échelle des villes». La ville de Grenoble s'est portée candidate.

Pour les associations, le principal acquis de ce Grenelle est «la reconnaissance officielle d’une incertitude, préalable à l’activation du principe de précaution». Elles applaudissent donc les avancées «d’une main», selon Stéphen Kerckhove, délégué général d’Agir pour l’Environnement. Et si elles ont pour l'heure suspendu leur participation au Comité de suivi qui doit prendre le relais du Grenelle des ondes, elles assurent qu'elles resteront mobilisées «pour prêter main forte aux riverains».

Denis Baupin, adjoint (Verts) à l'environnement à la mairie de Paris, a pour sa part estimé que le «Grenelle des ondes» «restera comme un rendez-vous manqué» et regrette que l'Etat n'ait «pas osé prendre ses responsabilités».

 

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