Villiers-le-Bel: Deux habitants perdent un oeil, la police des polices est saisie

ENQUETE Ils auraient été touchés en marge de violence avec les forces de l'ordre auxquelles ils assurent n'avoir pas participé, l'un d'eux évoque la piste du flash-ball...

J.M. avec agence

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Des policiers des Unités territoriales de quartier (Uteq) ont été visés lundi en fin d'après-midi à Saint-Denis (Seine-Saint-Denis) par des jets de cocktails Molotov, sans être blessés, et cinq jeunes ont été interpellés, a-t-on appris mardi de source policière.

Des policiers des Unités territoriales de quartier (Uteq) ont été visés lundi en fin d'après-midi à Saint-Denis (Seine-Saint-Denis) par des jets de cocktails Molotov, sans être blessés, et cinq jeunes ont été interpellés, a-t-on appris mardi de source policière. — Remy Gabalda AFP/Archives

Les bœuf-carottes enquêtent à Villiers-le-Bel. L'Inspection générale de la police nationale (IGPN, la police des polices) a été saisie ce mardi par le parquet de Pontoise pour faire la lumière sur les graves blessures à l'œil infligées samedi à deux habitants, alors que la ville était le théâtre d'affrontements entre jeunes et policiers. «L'enquête s'annonce longue», annonce le procureur-adjoint Bernard Farret à 20minutes.fr.

L'un des deux riverains, âgé de 31 ans «dit qu'il mangeait un sandwich dans la rue quand des forces de l'ordre sont arrivés», a expliqué son avocate, Caty Richard. Il a alors été touché à l'oeil par ce qu'il suppose être une balle sans savoir si elle provenait d'«un flash-ball ou un gomme-cogne (pistolet d'auto-défense à billes de caoutchouc, ndlr)», ajoute-t-elle.

«Il n'y a pas de raison de remettre en cause leur version, mais elle reste à vérifier»


Comme le second habitant, âgé lui de 21 ans, l'homme a perdu l'usage de son œil. Il devait être opéré ce mardi matin à l'hôpital de la Pitié-Salpêtrière à Paris pour lui enlever l'oeil touché et le remplacer par une prothèse. Tous deux ont été entendus par la sûreté départementale.

«Je veux qu'il soit entendu comme une victime, qu'il y ait une réelle investigation et pas qu'on parte du principe qu'il était opposé aux forces de l'ordre», a prévenu Caty Richard. Les deux blessés affirment en effet qu'ils n'ont pas participé aux violences.

«Il n'y a pas de raison de remettre en cause leur version, mais elle reste à vérifier», précise-t-on à 20minutes.fr du côté de la sureté départementale, tout en notant qu'il ne s'agit pas «de victimes ramassées comme ça, par terre, dans le feu de l'action». «Ils étaient quand même bien présents», ajoute de son côté Bernard Farret.

Les flash-balls sur la sellette

Les affrontements, selon «Le Parisien», qui avait révélé l'affaire, se sont déroulés en trois temps. Une patrouille de CRS a d'abord été caillassée une permière fois, avant d'être à nouveau pris à partie. Puis des policiers, appelés par des riverains pour disperser un groupe bruyant sous leurs fenêtres, essuie des jets d'objets divers. Les policiers répliquent alors par des gaz lacrymogènes et des tirs de flash-ball.

Un expert doit désormais examiner les victimes pour déterminer la nature de l'arme qui les a touchés. les deux hommes sont toujours hospitalisés, et «on ne sait pas quand ils pourront être examinés», estime Bernard Farret. S'il était avéré qu'il s'agit bien d'un flash-ball de la police, l'affaire pourrait relancer la polémique sur ces armes, déjà responsable de blessures sérieuses aux yeux, dont certaines, comme à Toulouse en avril dernier, ont fait l'objet de plaintes.

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