Le parcours du combattant d'un électrosensible à Paris

A l'entrée du métro, vous sortez votre ticket. Lui enfile sa casquette de protection. André Bonnin, musicien de 41 ans, se dit électrosensible. Avec sa chemise métallisée comme armure, il prend l'escalier du métro comme d'autres descendraient en enfe...

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A l'entrée du métro, vous sortez votre ticket. Lui enfile sa casquette de protection. André Bonnin, musicien de 41 ans, se dit électrosensible. Avec sa chemise métallisée comme armure, il prend l'escalier du métro comme d'autres descendraient en enfer, un enfer pavé de mauvaises vibrations. Mais il tient à mesurer la dangerosité des ondes là où on ne les soupçonne pas. Du bout de sa sonde, il capte sur le quai de la station un champ électromagnétique qui va jusqu'à 4,2 V/m. De la pure hérésie pour lui qui milite, avec l'association Robin des toits, pour que le niveau soit abaissé à 0,6V/m. « Une directive européenne sur la compatibilité électronique prévoit un seuil de 3 V/m pour ne pas perturber les pacemakers, les prothèses, etc. Ça peut être dangereux de s'aventurer dans le métro pour les personnes qui en portent », soupire le militant.

De retour à l'air libre, dans une atmosphère « polluée » mais supportable, il raconte son épopée. C'est à l'installation d'une énième antenne sur son toit, en 2007, qu'il commence à se sentir mal. Perte complète du sommeil, troubles de la concentration, sentiment d'oppression, André passe un hiver « dégueulasse ». « Les mêmes symptômes » recommencent quand le wi-fi est installé, ce qui lui met la puce à l'oreille. Il blinde alors ses fenêtres avec du tissu métallique et réduit ses déplacements. « Je préfère rester à Paris et résister plutôt que partir à la campagne. » La seule solution, selon lui consiste plus à abaisser les seuils d'exposition qu'à protéger individuellement les électrosensibles. André doute cependant que le Grenelle change quelque chose. « J'ai été auditionné pour préparer ces tables rondes, raconte-t-il. Je suis parti avant la fin : ils sont convaincus que les ondes ne sont pas nocives et ils ne veulent rien changer. » W

M. N.

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