Nicolas Sarkozy en déplacement à Nice sur le thème de l'insécurité le 21 avril 2009.
Nicolas Sarkozy en déplacement à Nice sur le thème de l'insécurité le 21 avril 2009. - REUTERS/Sebastien Nogier

Nicolas Sarkozy était en visite chez son ami Estrosi, à Nice, ce mardi, afin de présenter les grandes lignes du renforcement de l'arsenal législatif en matière de sécurité.

Dans la foulée d'une série récente de faits divers violents impliquant des groupes de jeunes, le chef de l'Etat a longuement justifié sa décision controversée de renforcer la législation contre les bandes violentes.

Devant le député-maire UMP de Nice Christian Estrosi, chargé de rédiger pour mai une proposition de loi sur la question, Nicolas Sarkozy a redit sa volonté de faire de «l'appartenance consciente à une bande un délit», ainsi qu'il l'avait annoncé il y a un mois à Gagny (Seine-Saint-Denis).

Entre «liberticide» et «inefficace», «faut savoir»

«Je ne suis pas homme à accepter ce qui se passe (...) je ne laisserai pas se développer le phénomène des bandes, c'est clair», a-t-il asséné en retrouvant les airs martiaux du ministre de l'Intérieur qu'il fut.

Au passage, il a raillé «ceux qui commentent au lieu d'agir» et qui ont dénoncé cette mesure «liberticide» et «inefficace». «Faut savoir», a-t-il moqué, «soit c'est inefficace, dans ce cas-là ce n'est pas liberticide. Soit c'est liberticide et dans ce cas, ça doit avoir un début d'efficacité».

Sur le même ton, le président a défendu sa volonté de faire de l'intrusion dans un établissement scolaire un délit. «L'entrée de la violence dans les écoles, c'est un scandale (...) je n'ai pas l'intention de laisser nos établissements scolaires ouverts à tous vents», a-t-il promis.

Droit dans ses bottes

Nicolas Sarkozy a rappelé pourquoi il était pour l'interdiction de la cagoule dans les manifestations, après les violences survenues en marge du sommet de l'Otan à Strasbourg. «On ne vient pas manifester avec une cagoule ou masqué lorsqu'on vient exprimer un mécontentement», a-t-il tonné sous les applaudissements d'une salle pleine à craquer de policiers et de gendarmes.

Plus généralement, il a défendu sa politique pénale depuis 2002, des peines plancher à la rétention de sûreté, s'attribuant les lauriers d'une baisse «de 15%» de la délinquance.

Mais surtout, Nicolas Sarkozy a tenu à désamorcer les critiques de ses adversaires politiques, de droite comme de gauche, qui lui reprochent d'avoir sciemment ré-enfourché le thème de l'insécurité à des fins politiques, à moins de deux mois des européennes, afin de masquer ses difficultés sur le terrain économique et social pour cause de crise.

Un avocat pour les victimes dès la première minute

«On m'en a tellement fait des reproches sur ce qui était qualifié d'obsession sécuritaire. Voilà maintenant qu'on vient dire que j'étais plus obsédé du tout, a raillé le président. Depuis 2002, sept ans, il n'y pas un jour sans que je me sois préoccupé de cette question.»

Dénonçant dans la foulée la «naïveté» de l'ex-Premier ministre Lionel Jospin, il a même promis de «passer à la vitesse supérieure» dans «la lutte contre les voyous et les délinquants». Notamment en instituant, au profit des victimes, un droit à un avocat «dès la minute de l'agression».

 

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