Propos de Sarkozy: L'UMP accuse «Libération»

POLÉMIQUE rédéric Lefebvre traite le quotidien de «tract». Laurent Joffrin lui répond...

NB avec agence

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Frédéric Lefebvre, en décembre 2008

Frédéric Lefebvre, en décembre 2008 — WITT/SIPA

Voilà une polémique qui prend de l’ampleur et le moins que l’on puisse dire, c’est que la majorité ne semble pas prête à lâcher le morceau. L'UMP a ainsi accusé samedi le quotidien «Libération» de «ressembler de plus en plus à un tract», contribuant à «abîmer l'image de notre pays», après la publication par le quotidien de propos prêtés à Nicolas Sarkozy et démentis notamment par l'Elysée.

«Ce quotidien, qui ressemble de plus en plus à un tract, après avoir perdu ses lecteurs, perd sa crédibilité», affirme dans un communiqué Frédéric Lefebvre, porte-parole du parti majoritaire.

Le journal, ajoute-t-il, «se vante d'avoir suscité des réactions de la presse européenne sur la soi-disant remarque du président de la République française sur M. Zapatero». «Cette attitude est tout simplement scandaleuse de la part d'un quotidien français qui, en colportant une fausse information, contribue à abîmer l'image de notre pays», selon lui.

«Ce sont des excuses qui auraient dû figurer en Une»

«Ce sont des excuses qui auraient dû figurer en Une alors même que ces propos n'avaient pas été vérifiés auprès de l'Elysée. Ils ont d'ailleurs été démentis par des parlementaires de droite et de gauche ayant participé au déjeuner, notamment le socialiste Didier Migaud», relève Frédéric Lefebvre.

Le quotidien, citant des participants, avait mis dans la bouche du chef de l'Etat des commentaires notamment sur le président du gouvernement espagnol Jose Luis Zapatero, qui auraient été tenus lors d'un déjeuner avec des parlementaires.

«Roquet de l’UMP»

«M. Lefebvre, qui occupe un poste de roquet à l'UMP, a du mal à accepter l'existence d'une presse indépendante en France», a réagi le directeur de Libération Laurent Joffrin, interrogé par l'AFP. «Il se contente d'aboyer un démenti de commande et d'insulter le principal journal d'opposition en France ainsi que ses 800.000 lecteurs», a-t-il ajouté.

Il a indiqué que le journal maintenait «l'intégralité de ses informations», soulignant que Frédéric Lefebvre «n'était pas au déjeuner où les propos incriminés ont été prononcés».

«Ce qui porte atteinte à l’image de la France...»

«Les propos présidentiels sont confirmés de plusieurs sources, la presse étrangère a jugé bon de s'en faire l'écho», a-t-il noté.

Pour Laurent Joffrin, «ce qui porte atteinte à l'image de la France c'est l'irresponsabilité des propos tenus par le président de la République à l'égard de ses homologues».