René Monory (à droite) reçoit les insignes de Chevalier de la Légion d'honneur des mains du président Jacques Chirac, le 14 mars 2005 au palais de l'Elysée.
René Monory (à droite) reçoit les insignes de Chevalier de la Légion d'honneur des mains du président Jacques Chirac, le 14 mars 2005 au palais de l'Elysée. - BENAROCH/SIPA

Né le 6 juin 1923 à Loudun, René Monory a présidé le Sénat de 1992 à 1998. Il fut aussi l'un des fondateurs du Futuroscope de Poitiers qu'il a présidé de 1997 à 2000.

Autodidacte, le centriste, déjà affaibli par la maladie, avait pris sa retraite politique en 2004, après avoir présidé pendant 24 ans le conseil général de la Vienne, et y avoir siégé durant 43 ans. La même année, il avait quitté le Sénat où il siégeait depuis 1968.

Passionné de nouvelles technologies

Personnalité atypique, ce passionné de nouvelles technologies, à la forte carrure et à l'allure provinciale, qui ironisait sur les intellectuels, avait construit sa carrière avec obstination à partir de sa ville de Loudun.

Né le 6 juin 1923 à Loudun, René Monory était un homme simple et secret. Ce fils unique d'un mécanicien et d'une employée de ferme, le certificat d'études pour tout diplôme en poche, avait débuté sa vie professionnelle comme apprenti dans le garage paternel.

«Le garagiste de Loudun»

Celui qui aimait à dire «Croyez-moi, les mains dans le cambouis, je les y ai mises» avait rapidement transformé l'affaire en une prospère concession automobile, ce qui lui vaudra le surnom de «garagiste de Loudun».

Entré en politique à la fin des années 1950, surnommé «le Sheriff» pour son tempérament bourru, cet homme à la la forte carrure a été maire de sa commune de 1959 à 1999, conseiller général de la Vienne qu'il a aussi présidé (1977-2004). Il a dirigé le conseil régional de Poitou-Charentes en 1985-1986 et a également été sénateur.

Plusieurs fois ministre

Il a présidé le Sénat de 1992 à 1998 et a été plusieurs fois ministre. Nommé en mars 1977 ministre de l'Industrie de Raymond Barre, il entre au Conseil national de l'UDF dès sa création, en 1978.

La même année, il devient le dernier ministre de l'Economie de Valéry Giscard d'Estaing (1978-1981), puis revient au gouvernement comme ministre de l'Education de Jacques Chirac pendant la première cohabitation (1986-1988), après avoir été brièvement, en 1985, président du conseil régional de Poitou-Charentes.

Ce solitaire marié et père d'une fille se targuait de ne pas fréquenter les dîners en ville.

Il fut l'un des fondateurs du parc du Futuroscope qu'il a présidé de 1997 à 2000. Un message devait y être lu au public samedi soir, «avec une demande d'applaudissements pour geste de reconnaissance pour l'oeuvre accomplie» par René Monory.

 

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