A Dakar, Ségolène Royal a demandé «pardon» pour les «paroles humiliantes» de Nicolas Sarkozy

312 contributions
Publié le 7 avril 2009.

ABSOLUTION - Le 26 juillet 2007, le chef de l'Etat avait prononcé un discours controversé dans la capitale du Sénégal...

«Quelqu'un est venu ici vous dire que "l'Homme africain n'est pas encore entré dans l'Histoire". Pardon, pardon pour ces paroles humiliantes et qui n'auraient jamais dû être prononcées et -je vous le dis en confidence (sic)- qui n'engagent ni la France, ni les Français».

Devant plus de 500 personnes réunies au siège du Parti socialiste sénégalais, Ségolène Royal a réglé son compte africain à Nicolas Sarkozy. Avant de demander la fin de «ce qu'on appelle la Françafrique» sous les applaudissements d’une assistance enthousiaste et debout.

«L'Homme africain n'est pas assez entré dans l'histoire» pour Sarkozy

Nicolas Sarkozy avait suscité une vive émotion, le 26 juillet 2007, à l'occasion de son premier déplacement en Afrique subsaharienne, en évoquant notamment «le drame de l'Afrique, qui est que l'Homme africain n'est pas assez entré dans l'histoire». Ou encore, devant une Rama Yade invitée à l'accompagner et se décomposant sur place, «le paysan africain qui ne connaît que l'éternel recommencement du temps rythmé par la répétition sans fin des mêmes gestes et des mêmes paroles». Ce discours était de la plume d'Henri Guaino.

Des intellectuels avaient publié depuis plusieurs livres pour critiquer ces propos, résultant selon eux d'«une vision manichéenne, raciale et paternaliste» de l'Afrique. Lilian Thuram avait parlé d'un discours «raciste» et «colonialiste».

Ségolène Royal a attendu plus longtemps, mais la riposte n’est pas moins cinglante: «Bien évidemment, vous avez fait l'histoire et vous continuez à la faire et vous l'avez faite bien avant la colonisation, pendant, avant et depuis. Et c'est avec vous que nous allons construire notre avenir».

Des propos de Royal «irresponsables» pour Joyandet

«Pardon pour le passé, merci pour le passé», a-t-elle poursuivi, 161 ans après l'abolition définitive de l'esclavage en France et 49 ans après l'indépendance du Sénégal, ex-colonie française. «Pour le meilleur et parfois, hélas, pour le pire, nos histoires ont été liées. Le pire, ce fut l'esclavage, le pire aussi ce fut la colonisation dont une partie de la droite a essayé de nous faire croire, qu'elle avait des "aspects positifs"», a poursuivi l’ancienne candidate socialiste à la présidentielle.

Lundi soir, le secrétaire d'Etat à la Coopération Alain Joyandet a immédiatement qualifié d'«irresponsables» les propos de la madone du PS. «Les déclarations de Mme Royal tenues à l'étranger sont choquantes, irresponsables et antidémocratiques. Elles sont tournées vers le passé».

Le premier secrétaire du PS sénégalais, Ousmane Tanor Dieng, a jugé lui que le discours de Royal avait «réhabilité la France aux yeux des Sénégalais». Ségolène Royal doit achever jeudi une visite de cinq jours dans le pays de Senghor.
Avec agence
publicité
publicité
publicité

publicité
Les dernières contributions

Chargement des contributions en cours

Réagissez à cet article
Vous souhaitez contribuer ? Inscrivez- vous, ou .
Confirmer l'alerte de commentaire
Annuler
publicité
publicité
Se connecter avec Facebook
S'identifier sur 20minutes.fr