Un gardien de la prison de Fresnes se suicide

DRAME Le 20 mars, la CGT Pénitentiaire de la maison d'arrêt avait appelé à une journée de mobilisation devant l'établissement, pour dire stop aux mauvaises conditions de travail...

Avec agence

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La durée de la détention provisoire en France, pour les personnes en attente d'être jugées est en hausse, selon le rapport 2005 de la Commission nationale de suivi de la détention provisoire.

La durée de la détention provisoire en France, pour les personnes en attente d'être jugées est en hausse, selon le rapport 2005 de la Commission nationale de suivi de la détention provisoire. — Joël Robine AFP/Archives

Un surveillant s'est suicidé dimanche après-midi à la prison de Fresnes (Val-de-Marne), avec son arme de service. Le corps a été retrouvé peu après 18h40 dans un mirador de l'hôpital pénitentiaire de Fresnes, selon une source syndicale.

Le surveillant qui avait pris son poste environ 30 minutes avant son geste fatal, a précisé une autre source syndicale. Ce trentenaire d'origine réunionnaise, marié et père d'un enfant, était un homme «discret» et «sans souci», dont la femme est aussi dans l'administration pénitentiaire. Il travaillait depuis 2000 à l'hôpital pénitentiaire, après avoir officié à la maison d'arrêt.

La direction de l'Administration pénitentiaire a «confirmé que le suicide d'un surveillant est survenu à Fresnes en fin d'après-midi». Elle a ajouté qu'elle ne ferait «pas de déclaration complémentaire, compte tenu de l'enquête judiciaire (ouverte) sous l'autorité du parquet».

«Il y a forcément un lien avec son travail, puisqu'il est décédé sur son lieu de travail», a expliqué Jean-François Forget, secrétaire général de l'UFAP-UNSA, dimanche soir sur LCI. L'homme «n'aurait pas répondu au test d'alarme effectué toutes les 30 minutes, qui sont des pointages», ajoutant, «si c'est le cas, je m'interroge pourquoi on a attendu autant de temps pour aller se rendre compte de ce qui se passait.»

Ras-le-bol

Le 20 mars, la CGT Pénitentiaire de la maison d'arrêt de Fresnes avait appelé à la mobilisation l'ensemble des personnels de surveillance et les organisations syndicales, devant l'établissement le 21 avril prochain, pour dire stop aux mauvaises conditions de travail. En décembre, le syndicat dénonçait déjà de nouvelles pratiques conduisant à l'isolement des professionnels.

Le 1er avril, l'UFAP, FO et la CGT, tous unis, ont aussi appelé à des actions de blocage devant les établissements pénitentiaires à partir du 4 mai prochain. Le 20 mars, les trois syndicats avaient exprimé leur ras-le-bol, avec un tract intitulé «Marre de» et en avaient appelé à la Chancellerie. En octobre 2008, cette union syndicale avait déjà pointé du doigt des prisons «dans un état d'abandon généralisé».

 

 

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