Espionnage présumé d'EDF: les enquêteurs passent par Greenpeace France

NUCLEAIRE L'ordinateur portable de Yannick Jadot, ex-directeur des campagnes de l'association, avait été victime d'une intrusion, mais c'est tout le système informatique de Greenpeace qui pourrait avoir été touché...

M.Gr. avec agence

— 

AFPTV

Deux policiers de la brigade spécialisée dans la criminalité informatique se sont rendus ce vendredi matin au siège de Greenpeace France à Paris, dans l'enquête sur le piratage informatique visant l'association.

«Ils ont discuté avec nos responsables informatiques et avec notre directeur», a expliqué le porte-parole Romain Chabrol. «Sauvegardes, ordinateurs touchés... Nous sommes prêts à leur fournir tout le matériel qui pourrait leur être utile pour faire la lumière sur l'espionnage informatique dont nous avons été victime.»

Selon le site Mediapart
, qui a dévoilé le scandale mardi, il s'agit pour les enquêteurs de s'assurer maintenant que Yannick Jadot n'a pas été le seul membre de l'association dont l'ordinateur a été piraté - son disque dur a été exploré via un cheval de troie. Le hacker pourrait avoir eu accès à tout ou partie du système de données de Greenpeace, en première ligne sur des dossiers comme le futur réacteur EPR de Flamanville.

L'organisation écologiste précise que «les enquêteurs de l'office central de lutte contre la criminalité technologique (OCLCTIC) ont passé ce vendredi matin 3 heures dans les bureaux. «Les faits d'espionnage dont l'association a été victime relèvent d'un travail d'expert ciblé», estime Greenpeace.

Perquisitions à EDF...

Après plusieurs années d'enquête, l’OCLCTIC est progressivement remontée à Pierre François, un ancien commandant de police devenu le numéro 2 de la sécurité d’EDF puis à l’entreprise publique elle-même, dont le siège a été perquisitionné il y a quelques semaines. Le responsable de la sécurité d'EDF, le supérieur de Pierre François, l'ancien contre-amiral Pascal Durieux, a lui été placé par le magistrat sous le statut de témoin assisté (entre le statut de témoin et celui de mis en examen).

Pierre François a lui été mis en examen le 26 mars pour «complicité d'intrusion frauduleuse dans un système de traitement automatisé de données», un chef de mise en examen retenu également à l'encontre d'un informaticien qui a reconnu les faits et du patron de Kargus, une officine privée de renseignement dont EDF se serait servie pour espionner Jadot, figure de la contestation antinucléaire. Et d'autres membres de Greenpeace, voire du réseau Sortir du Nucléaire?

... mais EDF partie civile

«EDF semble clairement impliqué dans des pratiques de barbouzes et du piratage. Il y a eu de l'espionnage sur ma personne, sur mon système informatique», a tonné Jadot mardi matin, en marge d'une réunion publique de la liste d'Europe Ecologie, dont il est la tête de liste pour la région grand Ouest.

L'entreprise publique a décidé de «se porter partie civile pour obtenir réparation du préjudice causé par Kargus», en qualité de victime. La compagnie explique qu'un «contrat de prestation avec Kargus avait été établi, concernant la sécurité des centrales de production», elle se dit prête à «donner les informations nécessaires au bon déroulement de l'enquête».

Mots-clés :

Aucun mot-clé.