Le Premier ministre François Fillon a annoncé lundi "l'intégration de mesures d'économies liées à la réforme de l'Etat" au budget 2009.
Le Premier ministre François Fillon a annoncé lundi "l'intégration de mesures d'économies liées à la réforme de l'Etat" au budget 2009. - François Guillot AFP

Sur le plateau de la première chaîne, la sémillante Laurence Ferrari a osé. «Monsieur le Premier Ministre, allez-vous annoncer un nouveau plan de relance?» La réponse cingla: «Certainement pas». Il s'exprimait alors qu'un nombre record de manifestants depuis l'arrivée de Nicolas Sarkozy à l'Elysée est descendu ce jeudi dans la rue.

Cela avait encouragé les syndicats à exiger «des réponses» à la hauteur de cette mobilisation. On ne peut pas dire qu'ils en ont eu pour leurs attentes.
Fillon a d'abord exprimé une nouvelle fois sa compréhension devant «une inquiétude des Français qui est très légitime face à une crise mondiale d'une très grande gravité. J'agis pour les défendre et les protéger».

Puis il n'a strictement rien annoncé de nouveau. Il comprend les restructurations dans l'industrie, tout en expliquant qu'il veillera à ce que les entreprises en difficulté assument leurs obligations sociales. Il a notamment cité le cas de Continental qui sera suivi attentivement. Des interventions qui se feront «au cas par cas, entreprise par entreprise».

Les mesures validées le 18 février, et pas plus

Pour le reste, «la mobilisation ne résoudra pas les problèmes. La priorité, c'est de sauver les emplois». Sachant qu'il y a ces maudits déficits qui bloquent. «Le gouvernement a le devoir d'être responsable», envers les générations futures.

François Fillon avait déjà prévenu qu'il n'y aurait aucune «enveloppe supplémentaire» après les mesures adoptées lors du sommet social du 18 février. Il a tenu parole: pas d'augmentation du SMIC, pas de prime de 500 euros comme le réclamait Martine Aubry, pas de retour sur les heures supplémentaires défiscalisées, pas de démantèlement du bouclier fiscal (Ce n'est «pas une fuite du capital qui arrangerait les choses», dixit Fillon).

Raymond Soubie invite à attendre le mois d'avril

Même son de cloche, au tintement près, de Raymond Soubie,
le conseiller social de Nicolas Sarkozy. S'il prend en compte «l'inquiétude» exprimée jeudi, Soubie ne prévoit pas de mesures supplémentaires sur RTL: «On n'a pas franchi d'étape dans la mobilisation et dans le phénomène protestataire».

«Ce n'est ni un échec, ni un demi-échec, c'est une mobilisation très significative de gens inquiets (...) mais il y a un plan de travail qui commence à produire ses effets», a ajouté Soubie, qui a tenté de rassurer: «Ces mesures concrètes vont se produire à partir de début avril», a-t-il précisé en référence aux 2,6 milliards d'euros de mesures décidées lors du sommet du 18 février.

Réponse concertée des syndicats ce vendredi

Une nouvelle réunion intersyndicale est prévue ce vendredi. Joint par 20minutes.fr, Gérard Aschieri, secrétaire général de la Fédération syndicale unitaire (FSU), a déjà prévenu ce jeudi après-midi qu'il allait proposer à ses confrères une nouvelle journée de manifestation sans grève, le 28 mars ou le 4 avril, avant les vacances scolaires. «On a pu constater aujourd'hui un engagement accru des salariés du privé, qui sont davantage venus manifester».

François Chérèque avait lui expliqué à mi-journée que le gouvernement ne pouvait pas ne pas répondre à une mobilisation réussie. Fillon l'a pourtant fait. Une journée de mobilisation pour rien? Encore heureux qu'il ait fait beau.

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