L'avis de l'Agence française de sécurité sanitaire des aliments, selon lequel le maïs OGM Monsanto est sans danger pour la santé, ne remet pas en cause la clause de sauvegarde suspendant sa culture, décidée sur des fondements environnementaux, indique jeudi le ministère de l'Ecologie.
L'avis de l'Agence française de sécurité sanitaire des aliments, selon lequel le maïs OGM Monsanto est sans danger pour la santé, ne remet pas en cause la clause de sauvegarde suspendant sa culture, décidée sur des fondements environnementaux, indique jeudi le ministère de l'Ecologie. - Jean-Pierre Muller AFP/Archives

Un rapport de l'Agence française de sécurité sanitaire des aliments (Afssa), rendu public mercredi par le site du «Figaro», sème le trouble au sujet de la toxicité du maïs Monsanto. 20minutes.fr fait le point, alors que Jean-Louis Borloo doit défendre lundi prochain la clause de sauvegarde empêchant sa culture en France devant la Commission européenne.

Que dit le rapport?
Il critique un autre rapport, rendu en juin 2008 par le professeur Yvon le Maho. Selon l'Afssa, cette étude n'apporte aucun élément nouveau ni aucune nouvelle preuve scientifique que les maïs MON 810 remettraient en cause la sécurité sanitaire. Dans son avis, l'agence affirme par ailleurs avoir répondu à toutes les exigences européennes lors de sa propre évaluation du risque représenté par ces aliments, alors qu'Yvon le Maho estimait dans son document que les recherches de l'Afssa avaient été insuffisantes.

Est-ce une nouveauté?
Non. Cet avis ne fait que confirmer les positions prises par l'Afssa lors de ses travaux d'évaluation du risque toxicologique des OGM en matière alimentaire. L'agence rappelle que ceux-ci, datés du 30 avril 2008, avaient déterminé que ces maïs transgéniques «présentent le même niveau de sécurité sanitaire que les variétés de maïs conventionnelles». Yvon le Maho avait, lui, été mandaté par le ministère de l'Environnement pour étayer les arguments de la France, qui demandait à Bruxelles la suspension de leur culture.

Pourquoi le rapport sort-il maintenant?
Le «Figaro» annonce que l'avis était attendu en octobre dernier, mais n'a été signé par la présidente de l'Afssa que le 23 janvier dernier et a été «tenu secret». L'intéressée, Pascale Briand, rétorque qu'«il n'y a aucun secret particulier» et explique qu'«il y a toujours entre 15 jours et un mois entre le moment où l'on transmet un avis signé aux autorités de tutelle et le moment où on le met en ligne» sur le site de l'Afssa. Arnaud Apoteker, spécialiste biotechnologie de Greenpeace, juge «scandaleux qu'une agence publique garde un tel rapport secret et en organise comme par hasard les fuites à la veille d'une décision européenne». Pascale Briand assure de son côté qu'«il n'y a absolument aucun lien avec le calendrier européen».

Quelles peuvent être les conséquences de ce document?
Le ministère de l'Ecologie assure que l'avis de l'Afssa «ne remet pas en cause» la clause de sauvegarde suspendant la culture du maïs génétiquement modifié. Un communiqué du ministère rappelle en effet que le fondement de cette décision «repose sur des risques jugés sérieux pour l’environnement et non pas sur des risques sanitaires».

Mais finalement, ce maïs, c'est dangereux d'en manger?
Les avis divergent sur la question. L'Afssa persiste à dire que non. Le professeur Yvon le Maho, de son côté, met les choses au point: «Je ne suis pas arrivé à la conclusion qu'il n'y avait pas de nocivité pour la santé et l'environnement. Je n'ai jamais écrit qu'il y a nocivité, mais que je ne pouvais pas conclure.» Pierre-Henri Gouyon, scientifique du CNRS, confirme «l'absence de connaissance des effets à long terme», notant que les études n'ont été menées que pendant quatre-vingt dix jours, sur des rats.

Mots-clés :