Le piratage devient une superproduction

INTERNET – Comment des films à peine sortis au cinéma se retrouvent déjà sur le Web en qualité DVD...

David Carzon

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ANITA

Le tribunal de Nanterre rend aujourd'hui son jugement à l'encontre de six personnes soupçonnées d'avoir illégalement diffusé sur Internet «Les Bronzés 3» en 2006. Deux des prévenus, employés au laboratoire technique de TF1, auraient copié le film pour un usage privé ou pour leur entourage à partir d'une version confiée à la chaîne pour la promotion télévisuelle. De copie en copie, une version de bonne qualité s'est retrouvée sur Internet, alors que le film venait de sortir au cinéma. Mais cette affaire n'est que le versant artisanale d'un système bien plus organisé avec, au départ, soit un détournement volontaire d'un support promotionnel, soit un acte délictuel.

Publicités pour des sites pornos

Aujourd'hui, par exemple, on peut facilement trouver sur les réseaux d'échanges peer to peer les deux parties de «Mesrine», pourtant sorties il y a peu dans les salles. Pas une mauvaise captation dans un cinéma, mais une version DVD de très bonne qualité. Selon nos informations, il semble que la fraude ait pour origine un DVD promotionnel destiné à la Russie, qui a été détourné pour entrer dans un tout autre business. «Le film a été placé dans des systèmes d'échanges massifs impossibles à endiguer, raconte Frédéric Delacroix, délégué général de l'Alpa (Association de lutte contre la piraterie audiovisuelle). C'est une forme de délinquance dont l'argent est le moteur.»

Comment peut-on gagner de l'argent ? «Juste grâce à la publicité, mais pas n'importe laquelle, poursuit Frédéric Delacroix. Quand vous vous rendez sur les sites qui référencent les adresses où vous pourrez télécharger le film, plusieurs fenêtres de pub vont s'ouvrir, en général pour des sites à caractère pornographique.»

Même si personne n'a voulu confirmer l'information, une action judiciaire serait en cours dans le cadre du piratage des films sur «Mesrine».

 

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