Cafouillage ministériel autour de l'entrée en vigueur du décret sur le statut des enseignants-chercheurs. Elle est bien toujours prévue pour le 1er septembre 2009, et non pour «la rentrée 2010» comme la ministre Valérie Pécresse l'a dit par erreur sur France Info, a-t-elle rectifié auprès de l'AFP.

La ministre avait déclaré: «Normalement, le décret doit entrer en vigueur pour la rentrée 2010. Cela nous laisse un petit peu de temps pour approfondir la concertation, le retravailler.» Les médias, 20minutes.fr compris, en ont aussitôt conclu que la réforme était repoussée d'un an.
Sa langue a fourché, a-t-elle expliqué ensuite.

Une médiatrice pour dialoguer

«Cela traduit tout de même un réel embarras de la ministre»,  souligne à 20minutes.fr Jean Fabbri, le secrétaire général du Snesup, premier syndicat de l'enseignement supérieur. «En nommant une médiarice entre elle et les organisations syndicales, Valérie Pécresse a fait aveu d'impuissance», estime-t-il.

Un peu plus tôt, le ministère avait en effet annoncé la nomination d'une médiatrice dans ce dossier, plutôt que de prendre le risque de «sacrifier» toute réforme. Valérie Pécresse a chargé Claire Bazy-Malaurie de «prolonger» pendant deux mois «la concertation» sur la réforme controversée de leur statut.

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Claire Bazy-Malaurie est présidente de chambre à la Cour des comptes, spécialiste des questions universitaires. Elle avait déjà été nommée en 2008 présidente du Comité de suivi de la loi LRU de 2007 sur l'autonomie des universités.

Sa nomination en tant que médiatrice intervient du fait «des préoccupations qui se sont manifestées autour de ce décret», avait fait valoir le ministère dans un communiqué. Elle «aura pour mission de réexaminer dans les deux mois à venir, aux côtés de la ministre, les modalités concrètes d'exercice de ces nouvelles compétences en lien avec les organisations représentatives, en tenant compte des spécificités de chacune des disciplines universitaires», ajoutait-il.

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Cette annonce intervenait après les prises de position du type de celle du président de Paris-V Axel Kahn, partisan d'une réforme mais qui a demandé samedi le retrait du projet en cours pour «reprendre le dialogue». Ce lundi encore, les présidents ou vice-présidents de neuf universités ont lancé un appel solennel depuis la Sorbonne pour le retrait des projets de réforme.

Par ailleurs, une nouvelle journée de manifestations est prévue mardi dans toute la France, cinq jour après une première journée de mobilisation bien suivie, avec 50.000 manifestants. «Il y aura plus de monde que jeudi», pronostique le Snesup.