Chercheurs-enseignants en grève, 45% des cours affectés

UNIVERSITES Ils demandent le retrait du décret qui modifie leur statut...

MD avec agence

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Un amphitéâtre

Un amphitéâtre — Pierre Andrieu AFP/Archives

Valérie Pécresse a voulu les rassurer, c'est raté! Les enseignants-chercheurs ont décidé de faire grève ce lundi pour protester contre le projet de réforme de leur statut. Le Snesup-FSU, premier syndicat de l'enseignement supérieur a appelé à «l'intensification de la grève à partir de lundi» et s'est dit ne pas être convaincu pas les précisions apportées par la ministre.
 
La grève affectait «au moins 45% des activités d'enseignement», a estimé lundi le Snesup-FSU. «De la plus grande université - Strasbourg - au centre universitaire d'Albi, tous les établissements connaissent en nombre des cours non assurés, des assemblées générales. La grève touche également et de manière forte les Instituts de formation des maîtres, les IEP (Instituts d'études politiques) et plusieurs IUT» (Instituts universitaires de technologie), a-t-il ajouté, parlant de «grève généralisée». Interrogé par l'AFP, le ministère de l'Enseignement supérieur n'était pas en mesure vers 15h de donner un panorama global des effets de la grève.
 
«Retirer ce projet de décret»

La ministre de l'Enseignement supérieur a envoyé un courrier aux présidents d'université dans lequel elle apporte deux précisions sur la réforme du décret de 1984 sur le statut des enseignants-chercheurs destinées, selon elle, «à les rassurer». Cela concerne le nombre d'heures d'enseignement et l'avancement. «Valérie Pécresse s'adresse aujourd'hui à chaque enseignant-chercheur. La répétition des motifs, déjà de multiples fois avancés, ne convainc pas plus qu'avant puisque les mesures, le désengagement budgétaire, l'avalanche de textes imposés contre les personnels, ne font l'objet d'aucune remise en cause», écrit le Snesup dans un communiqué.
 
«La lettre de la ministre, comme le décret modifié, ne changent pas la logique d'un texte dont le Snesup combat les principes: la toute puissance des présidents d'université dans une gestion locale des carrières, la dévalorisation du rôle du Conseil national des universités et le mépris des enjeux, des cohérences disciplinaires et des libertés scientifiques», estime-t-il. Il demande au gouvernement de «retirer ce projet de décret» et d'ouvrir «des négociations».
 
Le Snesup devait intervenir, lors de la réunion de la Coordination nationale des universités lundi après-midi à Paris, pour proposer une manifestation nationale jeudi 5 février à Paris, selon son communiqué.