Une manageuse moderne à plus d'un titre

Dans les allées du Midem, à Cannes, Fama Niang, fondatrice du label Sawnd, ne passe pas inaperçue. Question de physique, et de réputation aussi, dans un milieu où la fidélité est un bien précieux. C'est aussi une des rares qu'Akon, star mondiale du R...

A Cannes, David Carzon

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Dans les allées du Midem, à Cannes, Fama Niang, fondatrice du label Sawnd, ne passe pas inaperçue. Question de physique, et de réputation aussi, dans un milieu où la fidélité est un bien précieux. C'est aussi une des rares qu'Akon, star mondiale du R'n'B, appelle pour aller boire un verre lorsqu'il est de passage à Paris. Le genre d'anecdote que l'intéressée esquive d'un sourire gêné.

Sawnd a aujourd'hui un peu plus d'un an. Dans le contexte de crise actuelle du disque, cela semble une folie de se lancer dans une telle aventure. Originaire du Sénégal et arrivée très jeune du côté de Sochaux, Fama Niang débarque à Paris et se lie avec des ingénieurs du son. Nous sommes en 1995, et dans un studio d'enregistrement en Suède, elle rencontre China, qui est à l'époque une des premières chanteuses de R'n'B, et devient sa manageuse. « J'ai dû apprendre toute seule. Il m'a fallu deux ans pour maîtriser tous les rouages du métier, avoir mon carnet d'adresses... », explique Fama. « Du coup, elle est aussi douée pour donner un avis artistique pointu que pour rédiger des contrats complexes », ajoute Gilles Babinet, cofondateur de Sawnd et serial entrepreneur du Web 2.0. C'est aussi elle qui a aidé Camille à signer son premier deal. « Ça a été un vrai coup de coeur à la première écoute, se souvient Fama, j'ai flashé. » Tout cela l'amène chez Naïve où, pour son premier jour en tant que directrice artistique, elle doit donner son avis sur la maquette d'un ancien mannequin : Carla Bruni. De ce boulot, elle apprend l'importance de l'indépendance. Logique donc qu'en 2007, elle fonde son propre label, Sawnd, pour pouvoir signer Da Cream Chantilly, le groupe de Pierre Sarkozy, le fils du Président, ami de longue date qui a préféré rester à ses côtés plutôt que de signer avec d'autres, prêts à tout sans même avoir écouté ce qu'il faisait.

Le métier de Fama Niang, c'est de manager les oeuvres des artistes de son écurie. Un boulot crucial à une époque où il faut trouver de nouvelles sources de revenus : publicité, cinéma, jeux vidéo... Des domaines où la musique est présente, mais la qualité négligée : « J'essaie de développer l'identité, l'univers de mes auteurs et de faire coller cela aussi aux nouveaux médias. Mais le point de départ de tout cela, c'est le coup de coeur artistique, il n'y a rien sans ça. » ■

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