Drame à l'Hôpital. Un enfant de trois ans est décédé mercredi à l'hôpital Saint-Vincent-de-Paul à Paris (XIVème arrondissement) des suites d'une erreur  dans l'administration d'un médicament. L'enfant avait été admis en pédiatrie générale pour une angine, maladie bénine, pour laquelle une infirmière lui aurait administré par erreur du chlorure de magnésium

L'infirmière qui a injecté le produit (dont la nature n'a pas été précisée) a été placée en garde à vue mercredi soir. Le parquet de Paris a indiqué jeudi à l'AFP qu'il envisageait sa prolongation. Dans ce type d'affaire, la garde à vue de 24 heures peut être prolongée d'une journée sur autorisation écrite du procureur de la République. Ensuite, le parquet pourrait ouvrir une information judiciaire et l'infirmière être présentée à un juge d'instruction.

Erreur sur la nature du médicament

Jeudi matin, Roselyne Bachelot a déclaré que «l'infirmière avait reconnu une erreur dans l'administration du médicament». «Dès les premiers moments, l'infirmière est venue dire à son chef de service qu'il s'agissait d'une erreur», a précisé la ministre de la Santé, ajoutant que la famille avait été prise en charge «dans son grand malheur».

Jean-Marie Le Guen, président du conseil d'administration de l'Assistance publique-Hôpitaux de Paris, a précisé qu'il s'agissait d'une erreur sur la nature du médicament et non sur la dose.

L'enfant, admis au service de réanimation de l'établissement, est décédé vers 20h mercredi.  La direction de l'AP-HP a déclaré jeudi matin qu'elle avait «demandé un audit interne pour comprendre les circonstances de ce drame». Mais son directeur estime que la garde-à-vue est «inhabituelle» et qu'il s'assurera «qu'elle se passe avec le plus grand respect des personnes».

«Elle s'est trompée, comme ça peut arriver à n'importe qui»

Jeudi matin, un responsable de la CGT-santé a jugé cette garde à vue «disproportionnée». «Quand il y a une erreur, il faut la reconnaître, même si elle est dramatique. Le professionnel doit assumer les conséquences, c'est pour ça qu'on a des assurances et les familles ont droit à réparation», a estimé le médecin urgentiste Christophe Prudhomme.

«Traiter les gens comme des délinquants, quand l'erreur est intentionnelle, parce que la personne a fait n'importe quoi, c'est une chose. Mais quand la personne est de bonne foi - elle s'est trompée, comme ça peut arriver à n'importe qui -, c'est normal qu'elle soit auditionnée par la police et qu'ensuite la justice fasse son travail, mais de là à la mettre en garde à vue», a-t-il ajouté.


 

Mots-clés :

Aucun mot-clé.