Le ministre de l'Education Xavier Darcos fera un "point d'étape" sur la réforme du lycée mardi lors d'une conférence de presse à 10h30 à son ministère, a annoncé le ministère lundi dans un communiqué.
Le ministre de l'Education Xavier Darcos fera un "point d'étape" sur la réforme du lycée mardi lors d'une conférence de presse à 10h30 à son ministère, a annoncé le ministère lundi dans un communiqué. - Miguel Medina AFP

Au fil des manifestations et des grèves dans l'éducation nationale, la liste des griefs contre Xavier Darcos s'allonge. Une pétition a même été lancée sur Internet pour demander l'arrêt de la politique éducative menée par le gouvernement et la démission du ministre de l'Education (lire encadré). Mais qu'a donc fait Xavier Darcos pour mériter tout ça? Petit rappel des faits.

Près de 25.000 postes supprimés
Le 22 août 2007, la première mauvaise nouvelle tombe: 11.200 postes seront supprimés à la rentrée 2008, dont plus de 8.000 dans les collèges et lycées. Un peu moins d'un an plus tard, deuxième mauvaise nouvelle: à la rentrée 2009, ce sont 13.500 postes qui ne seront pas renouvelés. Soit près 25.000 postes supprimés en deux ans.

L'aide spécialisée envoyée au coin
Le 11 novembre dernier, l'Assemblée adopte le budget de l'Education, qui prévoit de réaffecter dès la rentrée 2009 3.000 des 15.000 maîtres spécialisés chargés d'aider les enfants en difficultés d'apprentissage et d'adaptation à l'école (dits Rased) sur des postes de professeurs «ordinaires».

L'école primaire liftée
Avec la suppression du samedi matin, la semaine de cours est passée à la rentrée 2008 de 26 heures à 24 heures, sauf pour les 15% d’élèves les plus en difficulté qui bénéficient de deux heures d’aide personnalisée chaque semaine. Où les caser? C'est l'un des problèmes soulevé par les enseignants, qui dénoncent aussi de nouveaux programmes recentrés sur les fondamentaux: davantage de français et de maths, de l’instruction civique, mais aussi morale. Pour faire le point sur la réforme du primaire, c'est ici et . L'évaluation des élèves en CE1 et CM2 fait aussi grincer des dents car elle fait craindre une concurrence entre les écoles. Même si le ministère affirme le contraire.

La maternelle menacée?
Il a eu beau s'excuser, Xavier Darcos ne s'est pas attiré la sympathie des professeurs des écoles en déclarant que leur rôle en maternelle se limitait à changer les couches et faire faire des siestes. La proposition d'un rapport sénatorial de remplacer la maternelle par des jardins d'éveil pour les 2 à 3 ans n'est pas pour les rassurer, même si là encore, Xavier Darcos a assuré que rien ne changerait.

Plus besoin de garderie les jours de grève, enfin presque...
Expérimenté en janvier 2008, le service minimum d'accueil à l'école en cas de grève est généralisé en octobre. Mais le dispositif montre vite ses limites, certaines communes n'étant pas en mesure de trouver le personnel suffisant pour assurer la garde des enfants. D'autres, de gauche, font clairement de la résistance. Avec ces dernières, Xavier Darcos se montrera intraitable.

Un lycée réformé
Xavier Darcos veut un lycée à la carte et décloisonné d'ici à 2011, qui prépare mieux à l'enseignement supérieur. Pour l'instant, seule la nouvelle seconde, qui doit entrer en vigueur à la rentrée 2009, a été présentée. Le volume horaire de cours sera un peu diminué (30 heures) et l'année sera divisée en deux semestres, avec possibilité de changer d'option en cours de route. Les professeurs de sciences économiques et sociales (SES) craignent notamment pour leur matière, même si le ministère de l'Education assure que cet enseignement ne sera pas en recul.

Le bac pro en trois ans
Actuellement, il faut quatre ans pour décrocher le bac en filière professionnelle, au lieu de trois ans dans les filères généraliste et technologique. Xavier Darcos propose d'harmoniser. Elèves et enseignants craignent que raccourcie, la filière soit moins qualifiante et offre moins de débouchés.

La formation des enseignants revue
Actuellement, le concours de professeurs des écoles (primaire) et le Capes (collège et lycée) sont accessibles à partir de la licence (bac+3). Mais il faut une année de préparation, en IUFM (Institut universitaire de formation des maîtres) ou par correspondance, pour pouvoir présenter les concours. A cela s'ajoute une année de stage rémunéré. Au total, le jeune enseignant ou professeur des écoles affiche donc cinq ans de formation pour un niveau bac+3. Xavier Darcos propose de leur donner un niveau bac+5 et de mieux les rémunérer dès le début de leur carrière. Sans préciser si l'année de stage en IUFM sera maintenue et quel rôle les instituts joueront dans ce nouveau dispositif.

Débat: Et vous que pensez-vous de ces mesures pour réformer le mammouth de l'education nationale? Dites-le nous ci-dessous...

Petition Une centaine de maîtres d'écoles primaires ont lancé une pétition consultable sur le site www.darcos-demission.org, intitulée «Stop à la démolition de l’école publique. Stop au mépris. M. Darcos doit démissionner». Deux semaines et demie après se mise en ligne, elle avait recueilli mercredi plus de 13.600 signatures électroniques.

>> Et aussi, retrouvez le blog d'un prof énervé sur www.20minutes.fr

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