SDF: Christine Boutin persiste et signe

POLEMIQUE «Personne ne peut défendre raisonnablement, pacifiquement, une liberté qui conduise à la mort», a-t-elle déclaré samedi...

Avec agence

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La ministre du Logement Christine Boutin a réaffirmé samedi lors d'une visite à Agen que "personne ne peut défendre une liberté qui conduise à la mort" après la polémique sur sa proposition de placement obligatoire des SDF en période de grand froid.

La ministre du Logement Christine Boutin a réaffirmé samedi lors d'une visite à Agen que "personne ne peut défendre une liberté qui conduise à la mort" après la polémique sur sa proposition de placement obligatoire des SDF en période de grand froid. — Miguel Medina AFP/Archives

Après avoir suscité la polémique, en proposant le placement obligatoire des SDF en période de grand froid, la ministre du Logement Christine Boutin persiste et signe.

«Certaines associations ont contesté cette proposition mais les personnes de terrain, elles, comprennent parfaitement ce que j'ai voulu dire», a affirmé la ministre en marge d'une visite d'un centre d'hébergement, de réinsertion et de stabilisation (CHRS) et de quartiers en cours de réhabilitation à Agen. Et d’affirmer: «les choses vont avancer et que le débat va se pacifier», car «personne ne peut défendre raisonnablement, pacifiquement, une liberté qui conduise à la mort».

«La vie plutôt que la mort»

La ministre a «salué» la difficile décision des bénévoles proposant un hébergement à des personnes qui «soit parce qu'ils sont dans un état de fragilité physique, soit alcoolisés ou drogués, n'ont manifestement pas la capacité d'exercer leur liberté» et les laissent dans la rue.

«C'est ce qui s'est passé pour les deux derniers morts SDF, deux hommes visités par des équipes qui leur avaient proposé un hébergement: l'une est morte le lendemain, la deuxième quatre jours plus tard. Est-ce que c'est ce que voulons ? Dans un pays comme la France, 5e puissance mondiale, laisser mourir des gens au motif de leur liberté dont je ne suis pas certaine qu'ils peuvent l'exercer?», a-t-elle insisté.

«Il existe en France la non-assistance à personne en danger. Ca relève du droit pénal, (...) moi je veux la vie plutôt que la mort», a-t-elle ajouté, précisant vouloir «trouver le bon équilibre entre non assistance à personne en danger et les libertés individuelles». Pas sûr que Nicolas Sarkozy, qui était personnellement intervenu sur ce sujet, désavouant sa ministre en public, partage son avis.

 

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