Affaire Grégory: l'enquête est réouverte

JUSTICE La cour d'appel de Dijon a pris cette décision afin de rechercher des traces d'ADN sur les scellés...

P.B. avec agence

— 

La chambre de l'instruction de la cour d'appel de Paris rend ce mardi son arrêt concernant la demande de réhabilitation de Jean-Marie Villemin, qui veut effacer sa condamnation prononcée en 1993 pour le meurtre de Bernard Laroche qu'il tenait pour l'assassin de son fils Grégory.

La chambre de l'instruction de la cour d'appel de Paris rend ce mardi son arrêt concernant la demande de réhabilitation de Jean-Marie Villemin, qui veut effacer sa condamnation prononcée en 1993 pour le meurtre de Bernard Laroche qu'il tenait pour l'assassin de son fils Grégory. — AFP/Archives

Plus de 20 ans après les faits, l’affaire Grégory connaît un nouveau rebondissement ce mercredi. La chambre d'instruction de la cour d'appel de Dijon a rendu un arrêt favorable à la demande formulée par les parents Villemin de réouverture de l'enquête sur l'assassinat en 1984 de leur enfant Grégory. Objectif: rechercher des traces ADN sur les scellés du dossier.

>>> Retrouvez en images et en 12 dates clé l'affaire Grégory en cliquant ici.

Lors de l'audience du 22 octobre, le Procureur général Jean-Marie Beney avait demandé la réouverture de l'enquête compte tenu «des progrès de la science», notamment dans le domaine de la génétique.

«Chances réelles... mais aléatoires»

Ces réquisitions sont appuyées par un «avis scientifique», qui estime «aléatoires mais réelles les chances de succès» de trouver des «micro-phases d'ADN» sur les principaux scellés du dossier: vêtements de l'enfant, cordelettes entourant ses pieds et poignets, seringue et conditionnement d'insuline trouvés sur les lieux, enveloppes, lettres et timbres du «corbeau».

«Toute la difficulté sera ensuite de mettre un nom sur ces traces, selon l'état de conservation de ces scellés et le risque possible de mélange d'ADN», avait expliqué le procureur général en se refusant de «donner de faux espoirs» aux parents de la petite victime. Le 14 juin 2000, l'enquête avait déjà été rouverte pour permettre des recherches d'ADN sur le demi-timbre apposé sur une lettre du «corbeau» de 1983. Mais le 17 octobre suivant les experts avaient déclaré l'ADN inexploitable.

Grégory, quatre ans, a été retrouvé mort le 16 octobre 1984 pieds et poings liés dans la Vologne, une rivière des Vosges. Le lendemain du meurtre, les parents ont reçu une lettre anonyme du fameux «corbeau» disant: «Ton fils est mort. Je me suis vengé».

Non lieu

En juin 2000, la justice, déjà saisie par les parents de Grégory, avait ordonné la réouverture de la procédure, clôturée par des arrêts de non lieu, dont le dernier en date du 11 avril 2001.

A l'automne 2006, une demande de réouverture de l'instruction avait été formulée par Me Jean-Paul Teissonière, l'avocat de Muriel Bolle, une des protagonistes de l'affaire, après la diffusion sur France 3 d'un téléfilm consacré à cette affaire. La demande était appuyée par des «éléments nouveaux» apparus lors du procès de Jean-Marie Villemin. Elle avait été rejetée en 2007 par le parquet général de Dijon.

La réouverture de l'enquête a automatiquement prolongé le délai de prescription de l'affaire Grégory jusqu'en 2018, au moins, et ce même si les analyses ADN se révèlent inexploitables.

28 ans d'enquête
Un temps suspecté de ce crime, après avoir été mis en cause en novembre 1984, Bernard Laroche, cousin de Jean-Marie Villemin, a été inculpé d'assassinat et écroué, avant d'être remis en liberté en février 1985. Il a été tué par Jean-Marie Villemin peu après. En juillet 1985, c'est au tour de la mère de l'enfant, Christine Villemin, d'être mise en cause. Inculpée de l'assassinat de son fils par le juge Lambert, elle a été écrouée puis remise en liberté sous contrôle judiciaire quelques jours plus tard, bénéficiant d'un non-lieu en février 1993.

Mots-clés :

Aucun mot-clé.