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Julien Ménielle avec agence

Comme prévu, Jean Leonetti a rendu ce mardi un rapport peu innovant sur la fin de vie. Sa loi restera donc telle quelle, les retouches apportées étant attendues. L'euthanasie et le suicide assisté restent au placard. Comme prévu, cet immobilisme relance le débat, et les réactions fusent.

La famille politique du rapporteur UMP salue sa «position courageuse». Par la voix de son porte-parole Dominique Paillé, le parti majoritaire félicite le député pour ce «travail remarquable», mené «face à des pressions fortes». Des louanges reprise par le président de l'Assemblée nationale, Bernard Accoyer, pour qui «ce rapport exprime le bon sens» et s'oriente «vers une meilleure prise en compte des intérêts et des droits des malades en fin de vie».

Fillon d'accord pour passer à l'action

François Fillon s'est même déclaré favorable à un financement partiel du congé d'accompagnement de la fin de vie, l'une des dix propositions de la commission d'évaluation. Le Premier ministre a également jugé pertinent l'idée de mieux faire connaître le loi actuelle, demandant à Roselyne Bachelot «d'accélérer la réalisation et la diffusion d’une campagne de communication»

Seule voix discordante, celle d'Henriette Martinez, députée UMP, qui se dit «déçue» par un rapport qui «n'apporte rien et ne répond pas aux deux principaux problèmes posés par l'application de la loi». Elle regrette notamment que «l'arrêt des soins et le principe du laisser mourir relèvent de l'hypocrisie et conduisent à des souffrances inutiles».

Entre humour noir et amertume

«Rien ne sera fait pour abréger les souffrances intolérables de ceux qui réclament de mourir», a dénoncé Jean-Luc Romero, président de l'Association pour le droit à mourir dans la dignité. Enrichissant une de ses précédentes formules, il estime que la commission «accouche d'une souris avortée». Et au sujet de la création d'un Observatoire des pratiques médicales de la fin de vie, également approuvée par François Fillon, le militant manie l'humour noir: «On va vous observer mourir».

Pour Marie Humbert, mère de Vincent, qui avait été auditionnée par la commission, l'amertume est de mise. Dans un communiqué cosigné par l'association Faut qu'on s'active!, elle note que «la mission n'a finalement retenu aucune avancée sérieuse». Ce qui ne l'étonne guère, «puisque M. Leonetti était juge et partie».

La proposition de loi de Manuel Valls

Autre association, autre discours. L'Alliance pour les Droits de la Vie se réjouit du «non explicite exprimé sur le mot euthanasie» et « soutient les propositions de renforcement du dispositif de soins palliatifs». Mais elle «regrette une grave ambiguïté à propos de l'arrêt de soins à visée euthanasique».

Du côté du PS, Manuel Valls a évoqué dans un communiqué les «réelles avancées» de la mission Leonetti. Louanges pondérées, puisque le député ajoute que celles-ci «restent néanmoins insuffisantes pour toutes les personnes en phase avancée ou terminale d'une maladie incurable». Il annonce même qu'il présentera, dès mercredi, une proposition de loi au groupe PS à l'Assemblée «visant à encadrer l'aide active à mourir». Une affaire à suivre, mais qui a très peu de chance d'aboutir dans l'immédiat.