La circulation a repris sur les deux voies de la ligne à grande vitesse empruntée par les TGV Atlantique, affectée samedi par un incident de caténaire qui perturbé une cinquantaine de trains, a indiqué la SNCF peu après minuit.
La circulation a repris sur les deux voies de la ligne à grande vitesse empruntée par les TGV Atlantique, affectée samedi par un incident de caténaire qui perturbé une cinquantaine de trains, a indiqué la SNCF peu après minuit. - Jean Francois Monier AFP

Dix personnes ont été placées en garde à vue dans le cadre de l'enquête sur «les actes de sabotage commis contre des caténaires SNCF ces derniers jours», a confié ce mardi Michèle Alliot-Marie, qui a précisé qu'aucune n'appartient à l'entreprise.

La ministre de l'Intérieur avait annoncé ce mardi matin que huit personnes «appartenant à l'ultra-gauche, mouvance anarcho-autonome», avaient été arrêtées, un chiffre revu ensuite à la hausse. Les interpellations, une vingtaine au total, ont eu lieu à Paris, Rouen, dans la Meuse et à Tarnac en Corrèze, dans un groupe «vivant en communauté et bien inséré dans la population locale», selon une source proche de l'enquête.

Un village bouclé


Des perquisitions ont eu lieu à Tarnac, la gendarmerie bloquant pendant plusieurs heures tous les accès de
ce village de 350 habitants, situé sur le plateau de Millevaches, dont cinq résidents ont été arrêtés. Ils sont âgés d'une trentaine d'années et vivaient à Tarnac depuis plus de deux ans, dans une ferme des environs et dans un appartement au-dessus de la mairie.

Ces interpellations ont surpris une partie des habitants du coin qui affirment que ces jeunes «très gentils et polis» avaient redonné vie au village en reprenant l'épicerie qui faisait également café et restaurant. D'autres villageois se déclaraient moins étonnés. «Cela faisait longtemps que je me disais qu'ils tramaient quelque chose, je savais qu'ils étaient anarchistes», a affirmé une habitante. Le maire de Tarnac a simplement déclaré qu'il n'avait «pas de problème avec eux».

A Rouen, c'est un couple, âgé entre 25 et 30 ans, qui appartient à la mouvance «autonome» locale, qui a été interpellé ce mardi matin. Les suspects ont été transférés dans l'après-midi à Levallois-Perret (Hauts-de-Seine). Selon le SRPJ, ils auraient des liens avec les membres de la communauté «ultra-gauche» de Tarnac.

Les félicitations de Nicolas Sarkozy


Dans un communiqué, le chef de l'Etat se «réjouit des progrès rapides et prometteurs obtenus». Il a tenu à «saluer l'efficacité et la mobilisation des forces de police et de gendarmerie dans cette enquête, notamment la Direction Centrale du Renseignement Intérieur et la Sous-Direction Anti-Terroriste sous l'autorité de Michèle Alliot-Marie».

Dans ce concert de louanges, la ministre de l'Intérieur adresse quant à elle «ses plus vives félicitations aux services de police et de gendarmerie». «La bonne nouvelle d'aujourd'hui c'est qu'il n'y a pas de cheminot parmi les 10 personnes qui ont été interpellées», a tenu à ajouter le boss de la SNCF, Guillaume Pépy, qui a fait part de son«soulagement».

Une enquête très rapide


«Cette opération réussie, conduite en plusieurs points du territoire, a été rendue possible grâce au travail de renseignement effectué depuis des mois sur cette mouvance par la Direction Centrale du Renseignement Intérieur [«le FBI à la française», ndlr] et aux investigations conduites sur ce groupe par la Sous-Direction Anti-Terroriste (SDAT)», souligne Michèle Alliot-Marie.

La SDAT s'interroge sur «d'éventuels liens avec l'ultra-gauche allemande qui a déjà revendiqué des actions contre des trains transportant des déchets nucléaires». Tous ces éléments semblent également accréditer l'hypothèse d'une action concertée, d'emblée évoquée par la direction de la SNCF, et à caractère politique.


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