Votre mutuelle va augmenter

SANTE Pour combler le trou de la sécu...

Julien Ménielle

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AFPTV

Les mutuelles ne veulent pas être les vaches à lait, alors que l'Etat compte sur elles pour combler le trou de la sécu. A la recherche de nouvelles recettes pour éponger le déficit de 8,9 milliards d'euros, le projet de loi de financement de la sécurité sociale de 2009 (PLFSS) lorgnait sur leurs deniers. Le texte, discuté depuis ce mardi à l'Assemblée nationale, prévoyait d'augmenter la taxe qui les vise. Ce jeudi, les députés ont voté cette proposition.

La taxe sur les complémentaires santé finance une partie de la couverture maladie universelle (CMU). Elle va passer de 2,5 à 5,9% de leur chiffre d'affaire. «Les mutuelles font tant de bénéfices... Il est temps qu'elles contribuent à la Sécurité sociale», justifie Bernard Debré (UMP). A gauche, on dénonce un «mauvais coup» porté aux assurés sociaux, tandis que Martine Billard (Verts) prédit «une augmentation à terme des cotisations des complémentaires».

Des cotisations en hausse de 4 à 5%

Contacté par 20minutes.fr, le Dr Jean-Martin Cohen Solal, directeur général adjoint de la Mutualité française, confirme: «certaines mutuelles pourront éviter d'augmenter en 2009, pour les autres, les augmentations pour prendre en charge cette nouvelle taxe seront de l'ordre de 4 à 5% des cotisations».

Il déplore par ailleurs le fait que «sur 1,4 milliard d'euros de nouvelles recettes prévues par le PLFSS 2009, 1 milliard viendront des complémentaires santé». Il prévient par ailleurs que, si la taxe était reconduite en 2010, «toutes les mutuelles seront contraintes de le répercuter sur leurs cotisations».

Les «classes moyennes» les plus touchées

Jean-Martin Cohen Solal déplore son impuissance. «En tant que fédération des mutuelles, explique-t-il, nous ne pouvons que demander à nos mutuelles de ne pas répercuter trop lourdement cette augmentation sur les cotisations». Il rappelle au passage que leurs adhérents sont «principalement issus des classes moyennes, déjà touchées par la baisse du pouvoir d'achat».

Amer, il constate que ce sont les mauvais élèves qui sont punis. «On remarque, en ces temps de crise financière, que les organismes bien gérés sont taxés tandis qu'on aide les banques dont la gestion est montrée du doigt».