SOCIETE - Une enseignante avait délibérément ignoré deux étudiantes qui portaient le foulard...
La fac de Montpellier se fait taper sur les doigts par la Halde. La Haute autorité de lutte contre les discriminations et pour l'égalité a adressé un «rappel à la loi» à la présidence de l'université Montpellier 1 (droit, économie) après qu'un professeur eut délibérément ignoré pendant ses cours deux étudiantes qui portaient le foulard islamique durant l'année universitaire 2007-2008.
La
Halde avait été saisie fin 2007 et début 2008, via la Cimade, de deux réclamations émanant d'étudiantes portant le foulard islamique et estimant être victimes de discriminations fondées sur leurs convictions religieuses de la part d'une enseignante d'espagnol.
Le professeur leur a fait part de ses convictions laïques
Le professeur, après avoir fait part de ses convictions laïques, aurait demandé à ces étudiantes de se présenter sans voile aux cours. Devant leur refus, l'enseignante les aurait ignorées, leur aurait interdit d'intervenir et, en cas de contestation, invitées à ne plus venir voilées.
Dans sa délibération, dont l'AFP a obtenu une copie, la Halde souligne que ce comportement «caractérise manifestement une différence de traitement en raison du port du foulard islamique et ne peut en aucun cas être justifié par le principe de la laïcité».
La loi de mars 2004 ne porte que sur le primaire et le secondaire
En effet, rappelle la Haute autorité, la loi de mars 2004 encadrant le port de signes ou de tenues manifestant une appartenance religieuse, ne porte que sur les écoles, collèges et lycées de l'enseignement public, mais ne s'applique pas à l'université.
La Halde cite aussi le code de l'éducation, dont un des articles stipule que «les étudiants disposent de la liberté d'expression», en veillant à ne porter atteinte ni aux cours ni à l'ordre public.
Début octobre, un enseignant de la Sorbonne avait également reproché à une étudiante de venir voilée à ses cours. (
>> pour lire le reportage du Bondy blog, cliquez ici)
Avec agence