A flanc de colline, surplombant les maisons cossues du quartier du Rhodon à Chevreuse (Yvelines), le pylône hérissé d'antennes disgracieuses se dresse, triomphant. Depuis l'installation de l'antenne-relais, en 2003, Roselyne Roeland, petit bout de femme énergique, et ses deux grandes filles ont des problèmes de sommeil, des vertiges, « le coeur qui bat à toute allure, soudainement ». Alors la famille a porté plainte, en juillet d'abord, pour trouble anormal de voisinage. Puis en septembre, au pénal cette fois - une première en France - pour administration de substance nuisible.

Plusieurs maisons, adossées à la forêt, exhibent de grands panneaux jaunes « Antennes-relais = danger ». Roselyne est convaincue que la mort récente de plusieurs chiens du quartier, atteints de cancer, ainsi que ses « gros coups de barre, surtout à partir de 17 h, quand les gens rentrent chez eux et téléphonent », sont liés à la présence de l'antenne. « La preuve, quand on part en vacances, nos douleurs disparaissent. » Ses filles, des jumelles de 17 ans, acquiescent. « Cet été, en vacances au Portugal, je n'ai pas pris un seul comprimé de fer, et je n'ai pas perdu mes cheveux ! », explique Juliette.

Leur habitation, située à environ 100 m en contrebas du pylône, aurait perdu 30 % de sa valeur. « Ma maison est devenue toxique. Je ne peux plus la vendre », se plaint la mère de famille. Seule issue à ses yeux : que l'antenne déménage, « mais aussi que la loi change ».

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