Le Dr Jean-Louis Muller, un ancien légiste de 52 ans, a été condamné jeudi à une peine de 20 ans de réclusion criminelle par la cour d'assises du Bas-Rhin pour le meurtre de sa femme, tuée d'une balle dans la tête en novembre 1999 au domicile conjugal à Ingwiller (Bas-Rhin)
Le Dr Jean-Louis Muller, un ancien légiste de 52 ans, a été condamné jeudi à une peine de 20 ans de réclusion criminelle par la cour d'assises du Bas-Rhin pour le meurtre de sa femme, tuée d'une balle dans la tête en novembre 1999 au domicile conjugal à Ingwiller (Bas-Rhin) - Frederick Florin AFP/Archives

MD avec agence

Le Dr Jean-Louis Muller, un ancien légiste de 52 ans, a été condamné jeudi à une peine de 20 ans de réclusion criminelle par la cour d'assises du Bas-Rhin pour le meurtre de sa femme, tuée d'une balle dans la tête en novembre 1999 au domicile conjugal, à Ingwiller. Une peine strictement conforme aux réquisitions du ministère public.

A l'annonce du verdict, il a baissé la tête avant de pleurer et ses proches ont éclaté en sanglots.
Jean-Louis Muller, qui comparaissait libre, encourait une peine de 30 ans de réclusion criminelle. Il dispose, maintenant, de 10 jours pour faire appel. Un mandat de dépôt a été prononcé à son encontre.

Meurtre ou suicide?

Le soir du 8 novembre 1999, le corps de Brigitte Muller, documentaliste de 42 ans, avait été retrouvé au sous-sol du domicile conjugal, une balle dans la tête et le 357 Magnum de son époux à ses pieds.

Initialement, le dossier avait été classé comme suicide, avant d'être rouvert au printemps 2000. Jean-Louis Muller a été mis en examen en 2001 pour meurtre avant d'être renvoyé en 2007 devant les assises, contre l'avis du parquet général, qui jugeait les charges à son encontre insuffisantes.

A l'ouverture des débats, après plus de six ans d'instruction, l'issue du procès semblait des plus incertaines, avec un dossier débordant d'expertises souvent contradictoires et d'éléments troublants. Absence d'empreintes sur l'arme, résidus de tir plus abondants sur l'accusé que sur la victime, mais sans aucune preuve directe.

Une brèche dans laquelle les trois avocats de la défense se sont engouffrés en force: en l'absence de preuves formelles, rien n'accuse Jean-Louis Muller. Et le doute doit lui profiter, avaient-ils dit.

Une personnalité «narcissique» et «impulsive»

L'accusé, dont les déclarations fluctuantes sur son emploi du temps le soir du drame ont peiné à convaincre, a toujours nié avoir tué sa femme, évoquant au début de l'instruction un complot avant de «rectifier le tir», selon ses propres termes, et de conclure au suicide de son épouse.

Décrite comme «narcissique» et «impulsive» par les experts, la personnalité de ce généraliste, diplômé de médecine légale, n'a pas non plus manqué de susciter des interrogations pendant le procès. Amateur d'armes à feu et auteur d'une thèse sur «les effets des projectiles de petit calibre», il a travaillé pour l'institut médico-légal de Strasbourg de 1995 à 1997, avant d'être inscrit sur la liste des experts de la cour d'appel de Colmar, au moment du drame.