Les affectations de l'appareil locomoteur (problèmes musculaires ou articulaires) étaient en 2006 la pathologie la plus fréquemment signalée parmi les maladies à caractère professionnel, devant la souffrance psychique, selon une étude de l'Institut de veille sanitaire (Invs) publiée mardi.
Les affectations de l'appareil locomoteur (problèmes musculaires ou articulaires) étaient en 2006 la pathologie la plus fréquemment signalée parmi les maladies à caractère professionnel, devant la souffrance psychique, selon une étude de l'Institut de veille sanitaire (Invs) publiée mardi. - Pierre Verdy AFP/Archives

Julien Ménielle

Les médecins hospitaliers toucheraient un salaire sans rapport avec leur activité réelle, et leur mode de rémunération actuel entraînerait de nombreuses dérives. Voilà ce que dénonce un rapport de l’Inspection générale des affaires sociales (Igas), selon le quotidien «La Tribune» de ce jeudi.

Leur temps de travail serait mal quantifié, et ils privilégieraient leur activité privée, pour laquelle ils perçoivent parfois d’importants dépassements d’honoraires, au détriment du service public.

Un temps de travail «élastique»


Contacté par 20minutes.fr, Cédric Lussiez, porte-parole de la Fédération hospitalière de France, confirme: «Les médecins hospitaliers fonctionnent en forfaits de demi-journées, une unité de mesure élastique du temps de travail.»

Il explique que les praticiens sont autorisés à consacrer 20% de leur temps de travail à l’hôpital à leurs consultations privées. Pourtant, certains «consacrent des demi-journées de 3 heures à leur activité hospitalière publique, mais des demi-journées de 6 heures à leurs activités libérales.»

Des dépassements d’honoraires pour les «stars» du bistouri

Un bémol tout de même. Cédric Lussiez tient à rappeler que «seulement 11% des médecins exercent une activité libérale à l’hôpital, dont la moitié sans dépassement d’honoraires». Pourtant, «l’hôpital est le lieu de tous les extrêmes, souligne-t-il, avec certaines consultations facturées au prix remboursé, et d’autres à 500% voire 700% de ce même prix.»

Un phénomène minoritaire, ne concernant selon lui que des «grands professeurs, surtout des chirurgiens, à 80% parisiens, mais aussi lyonnais ou marseillais». Il se montre donc sceptique quand l’Igas propose de plafonner les dépassements d’honoraires. «Mieux vaut essayer de plafonner l’envie des Français de se faire soigner par des stars», ironise-t-il.
Refonte du système
Le document de l’Igas sera remis officiellement au ministère de la Santé mi-octobre. Il propose de «refonder le système de rémunération sur des bases légitimes», et évoque la mise en place d’une part variable du salaire qui serait versée aux praticiens en fonction de l’atteinte de leurs objectifs d’activités et de résultats, fixés par contrat.