« C'est ni plus ni moins l'ancien travail des RG »

« Edvige n'invente rien, il rend juste les choses visibles. » Cet ancien fonctionnaire des Renseignements généraux s'étonne du tollé suscité par la création de ce nouveau fichier de police qui, selon lui, ne fait qu'institutionnaliser de vieilles pra...

Bastien Bonnefous - ©2008 20 minutes

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« Edvige n'invente rien, il rend juste les choses visibles. » Cet ancien fonctionnaire des Renseignements généraux s'étonne du tollé suscité par la création de ce nouveau fichier de police qui, selon lui, ne fait qu'institutionnaliser de vieilles pratiques. « Ed-vige, c'est ni plus ni moins l'ancien travail des RG : faire des fiches sur toutes les personnes susceptibles d'intéresser la police », estime-t-il.

Informations d'ordre sexuel ou militant, numéros de téléphone et adresses privées ? « Depuis toujours, un fonctionnaire des RG qui cherchait un renseignement sur quelqu'un de fiché tapait son nom dans le FRG, le fichier des RG. Apparaissaient son état civil et son numéro de dossier », explique cet ancien du renseignement. Dans ces dossiers, alimentés par les « bases de données » des sous-services des RG - celui dédié à l'extrême droite, à l'extrême gauche, aux islamistes, aux Corses, aux politiques, aux syndicats... -, « on trouve de tout : des notes non signées, des comptes rendus de filatures ou d'écoutes téléphoniques s'il y en a eu, des coupures de presse et souvent, on ne fait pas de rature. Si le type est un habitué des boîtes échangistes ou s'il a telle ou telle maîtresse ou amant, c'est aussi noté. » Cet ancien confirme aussi l'existence de critères de recherche plus sensibles encore. « Si on tapait anarchiste, homosexuel et une ville donnée, par exemple, on pouvait trouver des biscuits. » Idem pour les mineurs « fichés par les collègues qui s'occupent des dérives urbaines et des caïds de cités ». Reste que pour ce policier, Edvige pose quelques questions. « Les services de police sont-ils légitimes pour travailler sur les syndicats, les partis politiques ou les associations ? Souvent, les sociologues ou les journalistes font ça bien mieux qu'eux... ».

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