Les douze millions d'élèves de France ont fait mardi leur rentrée, tous ensemble pour la première fois depuis 17 ans en raison de la suppression du samedi matin, une rentrée marquée aussi par l'accent mis sur le soutien scolaire et 11.200 suppressions de postes.
Les douze millions d'élèves de France ont fait mardi leur rentrée, tous ensemble pour la première fois depuis 17 ans en raison de la suppression du samedi matin, une rentrée marquée aussi par l'accent mis sur le soutien scolaire et 11.200 suppressions de postes. - Bertrand Guay AFP
Même s'il n'a rencontré qu'un succès limité cette année, l'assouplissement de la carte scolaire a eu un effet «inverse» à l'objectif de mixité sociale, selon les chefs d'établissement du SNPDEN-Unsa, syndicat majoritaire, qui ont demandé ce mardi la mise en place d'un «observatoire» pour mesurer ses conséquences.

«Sur le terrain, on constate que les établissements très demandés sont bien pleins, que les établissements moins demandés se vident. Peut-être qu'il y a quelques boursiers en plus dans les lycées d'élite, mais dans les lycées de banlieue, il n'y a pas plus de fils de médecins, plutôt moins», a observé Jean-Claude Lafay, secrétaire national du syndicat.

«Une frilosité chez les familles défavorisées»

Catherine Petitot, secrétaire générale adjointe, a confirmé: «En province, on a plutôt un effet inverse à l'objectif affiché.» Elle y a observé que «ce sont les familles des milieux aisés qui demandent» des dérogations, tandis que «chez les familles défavorisées, il y a une certaine frilosité à aller ailleurs que dans le collège du secteur».

Selon les derniers chiffres publiés par le ministère, quelque 115 000 demandes de dérogation ont été remplies par des familles souhaitant inscrire leur enfant dans le collège ou le lycée de leur choix, sans souci de sectorisation. Et 88 % de ces demandes, focalisées sur l'entrée en sixième et en seconde, ont abouti. Mais, au total, seuls 3 % des élèves ont été demandeurs d'une dérogation.

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