Une femme en burqa lors d'une manifestation à La Haye (Pays-Bas), le 30 novembre 2006
Une femme en burqa lors d'une manifestation à La Haye (Pays-Bas), le 30 novembre 2006 - REUTERS/Toussaint Kluiters

Avec agence

Le Conseil d'Etat a confirmé fin juin la validité d'un décret refusant à une Marocaine musulmane l'acquisition de la nationalité française, révèle «Le Monde» dans son édition de samedi. Motif: sa «pratique radicale de la religion» est «incompatible avec les valeurs essentielles de la communauté française, et notamment le principe d'égalité des sexes».

Un décret du 16 mai 2005 avait refusé l'acquisition de la nationalité à cette habitante des Yvelines «pour défaut d'assimilation», ce que l'intéressée avait décidé de contester devant la plus haute juridiction administrative.

Mais le Conseil d'Etat a estimé qu'elle n'était pas fondée à demander son annulation, précisant notamment que le décret «ne méconnai(ssai)t pas le principe constitutionnel de la liberté d'expression religieuse».

Voilée à la demande de son mari

Selon «Le Monde», cette Marocaine, mariée à un Français et mère de trois enfants nés en France, se serait présentée en burqa - vêtement couvrant le corps entier de la femme et masquant le visage - lors de plusieurs entretiens avec les services sociaux et la police pour sa demande de nationalité.

Le couple a admis «spontanément» son appartenance au salafisme, un courant rigoriste de l'Islam fondé sur une interprétation stricte et littérale du Coran, et Mme M., voilée «à la demande de son mari», ne conteste pas cette «soumission», précise le quotidien, qui souligne que c'est la première fois que le Conseil d'Etat prend en compte le niveau de pratique religieuse pour se prononcer sur la capacité d'assimilation d'une personne étrangère.