La foule massée devant le portrait géant d'Ingrid Betancourt avec le mot "LIBRE" ajouté par des employés municipaux, sur la facade de l'Hôtel de ville le 3 juillet 2008.
La foule massée devant le portrait géant d'Ingrid Betancourt avec le mot "LIBRE" ajouté par des employés municipaux, sur la facade de l'Hôtel de ville le 3 juillet 2008. - REUTERS/Benoît Tessier

Kéthévane Gorjestani

Jeudi après-midi, alors que de l’autre côté de l’Atlantique, Ingrid Betancourt retrouvait ses enfants sur le tarmac de l’aéroport de Bogota, quelques centaines de personnes étaient rassemblées devant l’Hôtel de ville de Paris pour célébrer sa libération.



Sur le portrait géant de l’ex-otage, une banderole rouge a été collée avec dessus un seul mot: «LIBRE». Et le même mot clignote sur l’écran qui décomptait les jours de captivité, désormais bloqué sur le dernier chiffre : 2322.

Le conseil municipal, majorité et opposition, se sont réunis sous la photo d’Ingrid Betancourt, le maire Bertrand Delanoë en tête, accompagnés de membres du comité de soutien pour Ingrid Betancourt, mais aussi des artistes et de la journaliste Florence Aubenas, elle-même otage en Irak en 2005.

«Se mobiliser pour faire libérer les autres otages»

Bertrand Delanoë, Hervé Marro (responsable du Comité de soutien), l’Ambassadeur colombien se sont succédé au micro pour exprimer leur joie et remercier la France entière pour la libération d’Ingrid. Malgré leur joie, pas un n’a oublié d’appeler à continuer le combat pour libérer les autres otages. A leurs pieds, les photos des personnes encore détenues par les Farc.

Hervé Marro annonce que le Comité de soutien va changer de nom pour s’appeler «agir avec Ingrid pour la libération de tous les otages». «Il faut se mobiliser pour faire libérer les autres otages!» L’ancien chauffeur d’Ingrid, Adair Lamprea, un drapeau colombien autour du cou, déclare, ému: «Je ne serai vraiment libre que quand il n’y aura plus un seul otage dans mon pays.»

Alors que Bertrand Delanoë fait un discours, Florence Aubenas et Hervé Marro rigolent comme des enfants. Lorsque la journaliste prend enfin la parole, elle explique: «Hervé me disait d’arrêter de rire, mais je lui ai dit non, aujourd’hui on peut enfin rire.»

Après les discours, une pluie de confettis s’abat sur la foule au son des «Viva Colombia!» Journalistes, touristes ou simple passants français et colombiens se bousculent pour photographier une dernière fois le portrait de l’ex-otage, accroché depuis 2004 sur la façade de l’Hôtel de ville.

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