M. Kouchner a ainsi confirmé ce que beaucoup murmurent à Bruxelles: que l'Irlande pourrait être invitée à proposer des aménagements au traité, afin de ne pas rouvrir la négociation.
M. Kouchner a ainsi confirmé ce que beaucoup murmurent à Bruxelles: que l'Irlande pourrait être invitée à proposer des aménagements au traité, afin de ne pas rouvrir la négociation. - Marco Longari AFP/Archives

Sa C avec agence

La visite annoncée de Bachar al-Assad à Paris pour les cérémonies du 14 juillet continue de faire grincer des dents. Vendredi matin, c’est le ministre des Affaires étrangères, Bernard Kouchner, qui a émis quelques réserves sur la venue du président syrien. «Moi, ça ne m'amuse pas spécialement», a-t-il déclaré sur Europe 1. Et d’ajouter: «Cela ne me remplit pas d'aise».

Bernard Kouchner justifie néanmoins l’initiative française: «C'est comme ça qu'il faut faire. Ou alors, on va maintenir un état de tension et des difficultés et probablement des affrontements», a-t-il souligné, faisant valoir qu'«il était important de parler avec des gens qui s'opposent». «J'ai dit que si l'élection du président (libanais Michel Sleimane) pouvait se faire, après des mois de vide, la France rétablirait des relations normales avec la Syrie», a-t-il rappelé, ajoutant: «Nous sommes en train de le faire».

Le soutien vient de la gauche

Même pragmatisme chez Michel Rocard. L'ancien Premier ministre socialiste a donné raison à Nicolas Sarkozy, vendredi sur France 2, affirmant qu'«il fallait le faire» et invitant les médias à ne pas «dramatiser» l'évènement. Et de souligner «l'intérêt immense» de «ramener la Syrie à la découverte qu'elle aurait d'énormes avantages (...) à jouer le jeu international normal, à respecter sa parole, à ne plus appuyer le terrorisme, à vivre en paix avec la communauté internationale en respectant les engagements collectifs, à l'éloigner un peu de l'Iran».

A la place de Nicolas Sarkozy, «j'aurais invité le président (syrien) pour une séance de travail en autorisant trois photos et une poignée de main à l'image, c'est tout», a-t-il expliqué. Et d’ajouter: «J'ai été Premier ministre longtemps (...) vous n'imaginez pas le nombre d'assassins à qui j'ai serré la main».

Jack Lang solidaire

Même son de cloche pour Jack Lang. Le député PS du Pas-de-Calais a critiqué vendredi ses pairs. L'ancien ministre s'est dit sur RTL «en désaccord total avec certains dirigeants socialistes qui se complaisent dans une attitude politicienne» sur ce sujet, pointant l’absence de réactions des politiques aux invitations également lancées au président tunisien et au président égyptien.

Réaffirmant son soutien à «l'initiative de paix» de Nicolas Sarkozy, il a jugé que «depuis quelques semaines», la France conduit «une diplomatie qui va dans le bon sens».

Et d’ajouter: «Ce qui est attristant c'est que sur des questions comme l'éducation, les dirigeants du Parti socialiste soient aux abonnés absents tandis que sur une initiative de paix, de dialogue avec l'ensemble des pays de la région (méditerranéenne) on fasse la fine bouche, je ne le comprends pas».


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