Bachar al-Assad convié au défilé du 14 juillet

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Publié le 12 juin 2008.

DIPLOMATIE – Le président syrien a été invité par Nicolas Sarkozy parmi 50 chefs d’Etat…

L’ancien paria redevient fréquentable. De même que Mouamar Kadhafi, reçu en grande pompe en décembre dernier, le président syrien Bachar al-Assad, soupçonné d'être derrière l'assassinat de l’ex-Premier ministre libanais Rafic Hariri en 2005 (lire l'encadré), a été convié par Nicolas Sarkozy au défilé du 14 juillet.

>>Pour lire ce qu'en dit notre blogueur Christophe Carignano, cliquez ici<<

Une invitation officielle tempérée par l’Elysée qui souligne qu’«en tout, ce sont 50 chefs d’Etat qui sont attendus ce jour-là: les 27 de l’Union Européenne et ceux de l’Union pour la Méditerranée». Le Tunisien Zine El-Abidine Ben Ali, et l’Egyptien Hosni Moubarak, souvent pointés du doigt en matière de non-respect des Droits de l’homme, ont également reçu leur carton.

Kadhafi décline

«Le sommet de l’Union pour la Méditerranée se tient le 13 juillet, il nous semblait donc naturel de les convier aux cérémonies du lendemain», invoque l'Elysée, joint par 20minutes.fr. Les invitations sont donc lancées, reste à savoir si tous feront le déplacement.

Mardi, le colonel Kadhafi a adressé une fin de non-recevoir à Nicolas Sarkozy, critiquant ouvertement l’idée même de l’Union pour la Méditerranée qu’il qualifie d'«appât», y voyant même «une sorte d’humiliation». «Nous ne sommes ni affamés, ni des chiens pour qu’ils nous jettent des os», a-t-il lancé lors d’un sommet arabe à Tripoli.

Mais la nouvelle de la présence de Bachar al-Assad jette un froid au Liban, où cette hypothèse était évoquée avant la confirmation officielle de l’Elysée. Elle intervient une semaine après le déplacement du chef de l’Etat et des responsables des partis politiques français à Beyrouth.

«Honte»

Samedi, le leader druze Walid Joumblatt a qualifié une telle invitation de «honte pour le peuple français», lors d’une interview à une télévision arabe, selon «Libération».

Des responsables politiques d’opposition ont par avance critiqué son éventuelle présence aux cérémonies du 14 juillet. Dimanche, François Bayrou, président du MoDem, avait appelé à «réfléchir avec beaucoup de soin» avant de l'accueillir. «La question de la Syrie suscite beaucoup de souci au Liban, notamment la perspective de voir le chef de l'Etat syrien participer avec un rôle de premier plan, à la fois aux réunions du 13 juillet sur l'Union pour la Méditerranée et au défilé du 14 juillet», avait-il averti. Lundi, le Parti socialiste avait estimé que si l’invitation du président Assad pour le sommet était une «bonne chose», il serait «peu judicieux» qu’elle «se poursuive» pour les cérémonies du 14 juillet.

Jeudi, l'Elysée a rappelé à 20minutes.fr que l'invité d'honneur des cérémonies du 14 juillet sera cette année le secrétaire général de l'ONU Ban Ki-moon. L’honneur est sauf?
Sandrine Cochard
L'ombre de Hariri

Jacques Chirac avait coupé les liens avec le régime de Bachar al-Assad après l’assassinat en 2005 de son «ami», l’ex-Premier ministre libanais Rafic Hariri, victime d’un attentat pour lequel une commission d’enquête internationale a mis en cause de hauts responsables des services de sécurité syriens. Damas nie toute implication.
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