Jean-Marie Le Pen tient à nouveau des propos négationnistes, les associations s'indignent

Publié le 25 avril 2008.

FRONT NATIONAL - Les «ouvriers» d'IG Farben, à Auschwitz, «n'ont pas été gazés ni brûlés» selon lui…

Il nous refait le coup du détail. Jean-Marie Le Pen répète dans une interview au magazine régional «Bretons» à paraître vendredi qu'il lui paraît «évident» que «les chambres à gaz étaient un détail de l'histoire de la Seconde Guerre mondiale». Le parquet de Paris a annoncé vendredi qu'il étudiait la possibilité de poursuivre le président du Front national.

«Je n'ai pas autorisé "Bretons" à publier cet interview»

Dans la suite des échanges avec le journaliste, le président du FN rappelle le nombre de morts total de la Seconde Guerre mondiale, en avançant le chiffre de «50 millions de morts». Mais le journaliste l'interrompt, lui disant que «le problème n'est pas de savoir le nombre de morts mais la manière dont ils ont été tués», et que l'on a «déporté des gens pour les amener dans des camps juste pour les faire tuer». «Mais ça, c'est parce que vous croyez à ça. Je ne me sens pas obligé d'adhérer à cette vision-là. Je constate qu'à Auschwitz il y avait l'usine IG Farben, qu'il y avait 80.000 ouvriers qui y travaillaient. À ma connaissance, ceux-là n'ont pas été gazés en tout cas. Ni brûlés».

Le président du FN a affirmé vendredi qu'il avait «interdit» au magazine «Bretons» de publier cet entretien. «Non seulement je n'ai pas autorisé "Bretons" à publier cet interview, mais je le lui ai interdit expressément par lettre recommandée il y a déjà 15 jours.»

Des réactions indignées

Les réactions ne se sont pas faites attendre vendredi. Pour le Mouvement contre le racisme et pour l'amitié entre les peuples (Mrap), ces propos «relèvent manifestement d'une volonté de contestation de crimes contre l'humanité d'une part et d'incitation à la haine contre une partie de la population en raison de sa religion ou de sa race d'autre part». De son côté, le Bureau national de vigilance contre l'antisémitisme (BNVCA) a exprimé «son indignation et sa colère» et estimé que ces déclarations, «dès lors qu'elles ont été rendues publiques, doivent faire l'objet de poursuites pénales à l'initiative du Garde des Sceaux ou du parquet».

 Le Conseil représentatif des institutions juives de France (Crif) a estimé que Jean-Marie Le Pen s'avançait «encore plus sur la voie du négationnisme en affirmant qu'il n'est pas obligé d'adhérer à la vision suivant laquelle on a déporté des gens pour les amener dans des camps juste pour les faire tuer». «Jean-Marie Le Pen, en pleine perdition politique, choisit ainsi une fois de plus l'ignominie pour faire parler de lui, dans cet entretien où il attaque sournoisement d'ailleurs aussi bien les juifs que les musulmans».

La Ligue internationale contre le racisme et l'antisémitisme (Licra) a pour sa part annoncé qu'elle «ne manquera pas d'engager» des poursuites judiciaires. «En niant à nouveau la réalité de l'extermination des juifs dans les chambres à gaz, en agitant le spectre de la France musulmane, en jouant sur les peurs et fantasmes induisant le rejet de l'autre, Jean-Marie Le Pen s'expose à de nouvelles poursuites judiciaires que la Licra ne manquera pas d'engager après consultation de sa commission juridique.»

Le Mouvement des jeunes socialistes (MJS) a dénoncé également le «révisionnisme» du président du FN. «Jean-Marie Le Pen, le retour ? Non, juste une énième tentative de provoquer l'opinion publique par des propos scandaleux». Le mouvement «espère que la justice ne laissera pas de tels propos impunis».
Avec agence
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