«Dominique de Villepin, reviens!»

REVUE DE BLOGS Les blogueurs sont plutôt critiques après l'intervention télévisée de Nicolas Sarkozy

C. F.

— 

Tout en reconnaissant la "déception" des Français et ses propres "erreurs", Nicolas Sarkozy a affiché sa volonté de tenir le cap de la "réforme", jeudi soir à la télévision, face à une majorité mécontente, des sondages en berne et une situation économique dégradée

Tout en reconnaissant la "déception" des Français et ses propres "erreurs", Nicolas Sarkozy a affiché sa volonté de tenir le cap de la "réforme", jeudi soir à la télévision, face à une majorité mécontente, des sondages en berne et une situation économique dégradée — Eric Feferberg AFP

«Pas de quoi surmonter la crise de défiance.» Dans son post sur 20minutes.fr, le journaliste Daniel Riot résume à lui seul l'état d'esprit des blogueurs après l'intervention de Nicolas Sarkozy jeudi soir. «“En direct de l’Elysée” n’avait rien d’une “heure de vérité” pour reprendre la comparaison bien prétentieuse de Pujadas. “On” a bavardé pendant quatre-vingt minutes, devant micros et caméras, chacun jouant un rôle prédéfini. Sans être dupe des limites de l’exercice», écrit-il.

Le blogueur de SarkoFrance, lui, a vu un Président «épuisé» et surtout «caméléon». Et d'énumérer les six facettes du chef de l'Etat devant ses interlocuteurs: «Sarkozy l'impuissant» (sur la Société générale), «Sarkozy le pénitent» (sur les couacs de la communication), «Sarkozy le menteur» (sur l'économie), «Sarkozy le travailleur» («il a potassé ses fiches»), «Sarkozy le gauchiste» (sur le partage des richesses) et enfin «Sarkozy, l'invariant» (sur les retraites, les sans-papiers...).

«Le costume semble toujours trop grand»

Laurent de Boissieu, pour sa part, n'a «pas reconnu Nicolas Sarkozy. A croire qu'il n'est bon qu'en campagne électorale, dans la confrontation», estime le journaliste politique sur son blog. Dans son post titré «Pschitt!», il note «d'un côté une perte d'offensivité. De l'autre un ton qui n'est pas (encore ?) celui de ses prédécesseurs. Le costume semble toujours trop grand.»

Le Bondy Blog, lui, a préféré donner la parole à des téléspectateurs, en direct d'un appartement de Neuilly (Hauts-de-Seine). Publicitaires, conseillère ANPE, UMP, PS... La mixité est au rendez-vous, mais le ton est tout de même plutôt critique. «Depuis les 35 heures, il n’y a plus de négociations salariales», déclare Nicolas Sarkozy. «Ben voyons, ça m’énerve ça, l’effet de serre aussi, c’est la faute aux 35 heures! Isabella, sois gentille, amène un autre plateau de feuilletés, parce que là il n’y en a plus et je crois que c’est la faute aux 35 heures…», ironise l'hôte, Arnaud. Sur le Tibet, par contre, il applaudit: «Je suis chef d’Etat, que voulez-vous que je fasse? Que je reste assis sur mon siège en attendant que ça se passe?», affirme le Président. «Ça, c’est du grand Sarko show! Je pose une question simpliste et j’y réponds. J’adore. Je suis fan.» Et Isabella de crier: «Dominique de Villepin, reviens !»

Mots-clés :

Aucun mot-clé.