Adoption: les propositions de Jean-Marie Colombani

FAMILLE Il rend ce mercredi son rapport sur l'adoption à Nicolas Sarkozy...

Laure de Charette

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Deux européennes, avec leur enfant nouvellement adopté en Chine.

Deux européennes, avec leur enfant nouvellement adopté en Chine. — SIPA

Jean-Marie Colombani, ex-président du directoire du Monde, a été chargé en octobre 2007 par Nicolas Sarkozy d’une mission sur l’adoption, pour permettre à plus de familles françaises d’adopter. Il remet ce mercredi son rapport à 17h au Président, mais le révèle d’abord en exclusivité à 20 Minutes.

Son souci est que l’adoption s’inscrive dans une politique de protection de l’enfance articulée autour du droit de l’enfant à une famille. Plus concrètement, il préconise notamment de fixer un écart d’âge maximum de 45 ans entre l’enfant et l’adoptant mais aussi d’expérimenter une formation des futurs parents, qui serait obligatoire.

Etat des lieux et propositions

Le rapport s’articule en deux parties. D’abord, un état des lieux, qualifié d’«alarmant». En deux ans, le nombre d’adoptions d’enfants étrangers par des Français est passé de 4.136 à 3.162 en 2007, soit une chute de 20%. Alors que chaque année, 8.000 adoptants reçoivent un agrément et attendent donc d’accueillir un enfant dans leur foyer. En la matière, le rapport est sans détour: «L’organisation de la France n’est pas lisible et manque d’efficacité.»

La deuxième partie s’articule autour de 32 propositions «praticables, comestibles tout de suite pour l’administration et qui ne nécessitent pas de budget spécifique», précise Jean-Marie Colombani, lui-même père de cinq enfants dont deux adoptés. L’objectif est à la fois de «décomplexifier le maquis de l’organisation de l’adoption», notamment internationale, mais aussi de «mieux préparer les parents».

Formation des adoptants

«Les pays d’origine des enfants deviennent de plus en plus exigeants, alors nous devons l’être aussi. Il faut agir des deux côtés: il n’est pas normal que des listes d’attente soient interminables et en même temps, les parents doivent être plus conscients de ce à quoi ils s’engagent, qu’ils soient mieux informés de la réalité de l’adoption». Il cite notamment le cas d’enfants devenus adolescents abandonnés une deuxième fois par leurs parents adoptifs: «Ce sont des traumatismes indélébiles».

D’où certaines propositions très concrètes, comme l’expérimentation d’une formation obligatoire des adoptants. «Sous forme de quatre cessions pour commencer», précise le rapport, comme c’est déjà le cas en Espagne et en Suède. «En Suède, il est même question que cette succession de rencontres avec des spécialistes, dont des pédopsychiatres, devienne payante», précise Jean-Marie Colombani.

Ecart d'âge maximum

L’autre proposition novatrice, c’est la fixation d’un écart d’âge maximum de 45 ans entre l’enfant adopté et le parent adoptant. «11 à 12% des adoptants ont aujourd’hui 50 ans ou plus, nous explique l’auteur du rapport. Mais il en va de l’intérêt de l’enfant!». En Suède, une limite d’âge est même fixée à 45 ans et il est question qu’elle soit réduite à 42 ans.

Pour favoriser l’adoption d’enfants français – seuls 800 enfants abandonnés ou nés sous X sont adoptés chaque année –, Colombani préconise d’encourager la coexistence de l’adoption simple et de l’adoption plénière. L’adoption simple étant présentée comme «moins radicale pour les parents biologiques qu’une déclaration judiciaire d’abandon». Cela permettrait à un enfant d’être adopté tout en gardant un lien avec sa famille biologique.

>> A venir sur 20minutes.fr: En marge de son rapport, Colombani nous confie être favorable à l’adoption d’enfants par des couples homosexuels.

Et vous, vous en pensez quoi? Faut-il former les parents adoptant? Dites-le nous ci-dessus...

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