Séance d'auto-satisfaction et de justification pour Nicolas Sarkozy dans son allocution dimanche soir. En chute libre dans les sondages, le chef de l'Etat a tenté dimanche soir de redorer son blason présidentiel, se félicitant de la ratification par voie parlementaire du traité simplifié. Cette allocution, annoncée seulement dans l'après-midi par l'Elysée, est intervenue au terme d'un week-end mouvementé dans le fief sarkozyste de Neuilly-sur-Seine.
«La France est de retour en Europe»
S'exprimant durant cinq minutes depuis l'Elysée, juste avant de s'envoler pour la Guyane, le président de la République s'est félicité que le Parlement ait autorisé l'exécutif, dans la nuit de jeudi à vendredi, à ratifier le traité européen. «Par ce succès, car c'est un succès, la France est de retour en Europe», a affirmé le chef de l'Etat. «Elle y a retrouvé son influence, sa capacité à faire valoir son point de vue, ses valeurs et le rôle moteur qui avait toujours été le sien par le passé». Il a souhaité que la France «donne l'exemple» et «qu'elle soit de nouveau en Europe une force de proposition et d'entraînement».
Alors que la France présidera l'UE au second semestre 2008, le chef de l'Etat a souhaité que cette période soit «l'occasion d'avancer» dans la voie d'une Europe «grande puissance». «C'est dans cet esprit que je proposerai à nos partenaires comme priorité de travailler sur une stratégie de développement durable, une politique commune de l'immigration, une défense européenne et une refondation de la politique agricole», a-t-il insisté.
La voie parlementaire
Alors que la gauche et les souverainistes de droite réclamaient un référendum, Nicolas Sarkozy a justifié la ratification par voie parlementaire en affirmant notamment que «si cette condition n'avait pas été remplie, aucun accord n'aurait été possible».
«Pour convaincre tous nos partenaires d'accepter ce nouveau traité simplifié que nous leur proposions et qui n'était plus une Constitution, il fallait qu'en cas d'accord nous nous engagions à le faire approuver par voie parlementaire», a-t-il affirmé, rappelant son engagement de candidat à passer par le Parlement.
Enfin, il a plaidé pour que l'Europe puisse «parler de tout», notamment de la monnaie qui n'est «pas un sujet tabou». «Maintenant, l'enjeu est de remettre de la politique en Europe, de ne plus abandonner l'Europe au seul jeu de règles automatiques qui ne laissent aucune place à la décision et à la responsabilité politique», a déclaré le chef de l'Etat.
Selon l'Elysée, cette ratification sera effective une fois publiée, jeudi 14 février, au Journal officiel. La France sera le premier pays fondateur de l'Europe à donner son accord au traité, 21 mois après le non des Français qui avait scellé le sort du projet de Constitution européenne.
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