«Certains jeunes fonctionnaires dorment dans leurs voitures»

SOCIAL – Paroles de manifestants recueillies par 20 minutes.fr...

Propos recueillis par Anne-Louise Sautreuil

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Côté syndical, l'objectif est d'atteindre le niveau de la précédente journée d'action, le 20 novembre, avec le même mot d'ordre: près d'un agent de l'Etat sur trois avait alors fait grève et 350.000 (police) à 700.000 personnes avaient manifesté dans toute la France.

Côté syndical, l'objectif est d'atteindre le niveau de la précédente journée d'action, le 20 novembre, avec le même mot d'ordre: près d'un agent de l'Etat sur trois avait alors fait grève et 350.000 (police) à 700.000 personnes avaient manifesté dans toute la France. — Mychèle Daniau AFP

Des fins de mois de plus en plus difficiles, des cadences de travail infernales, un manque de moyen pesant. Les fonctionnaires étaient des milliers à Paris à battre le pavé, jeudi, pour exprimer leur «ras le bol» au gouvernement. Entre petits tracas quotidiens et grosses angoisses. 20 minutes.fr a tendu l’oreille.

Danielle, 58 ans, agent départemental à Champigny (Seine et Marne): «Vous avez entendu que le prix des œufs et du poulet allaient encore augmenter? Dire que je serai bientôt en retraite avec une pension misérable. Maintenant il faut se priver pour tout, la nourriture, les cadeaux. Même les soldes, ça ne marche plus tellement».

Gérard, 50 ans, infirmier au centre hospitalier interdépartemental de Clermont (Oise)
: «Nous sommes de plus en plus seuls, et de plus en plus confrontés à l’agressivité des malades. La situation se dégrade, c’est de plus en plus stressant et cela fait 20 ans que j’exerce».

Eric Plée, élu PC à Aubervilliers (Seine-Saint-Denis)
: «L’Etat instaure un service minimum pour accueillir les élèves les jours de grève, mais nous ce qu’on veut, c’est un service maximum au quotidien. Dans nos banlieues, il n’y a pratiquement plus de remplaçants. Quand un prof est malade, les élèves n’ont pas cours plusieurs jours de suite, ça ne se passe pas comme ça partout!».

Anne, 33 ans, professeur d’économie à Montreuil (Seine-Saint-Denis)
: «J’ai fait 4 ans d’études, j’ai une formation d’ingénieurs et après 6 ans de travail je ne gagne que 1.800 euros net. Dans le privé je gagnerais le double. En plus je n’ai pas l’impression que socialement ma profession soit reconnue ou même valorisante».

«On veut du Gucci, du Armani»


Marie, 59 ans, assistante sociale à l’hôpital Sainte-Anne, à Paris: «Je manifeste presque jamais mais là avec Sarko c’est trop! Au quotidien, il nous demande de faire du chiffre, ce qui compte c’est de faire vite, de faire du nombre.Vous imaginez en psychiatrie ce que ça donne. Pour le personnel, c’est très déprimant de travailler comme ça».

Robert, secrétaire de la FSU dans les Hauts de Seine
: «Je vois arriver des jeunes dans mon département qui viennent d’être mutés. Ils ne peuvent pas se loger. Et d’une manière globale, je remarque que les fonctionnaires ont beaucoup de mal à joindre les deux bouts. Et pour ceux qui sont par exemple secrétaires administratifs, c’est une situation de précarité encore pire».

Un jeune homme, une vingtaine d’années, un haut parleur à la main: «On veut du Gucci, du Armani, on en a marre d’être habillé bon marché!»

Christine, 51 ans, infirmière à l’hôpital sainte Anne, à Paris: «C’est de pire en pire, c’est le service minimum au quotidien. La nuit c’est vraiment l’angoisse, parfois on n’est même pas deux infirmiers dans le service. Il y a plein de vacataires pommés qui ne connaissent pas nos méthodes. C’est aussi ennuyeux pour nos patients. Par ailleurs il faut qu’on obtienne des moyens et des emplois pour assurer un vrai suivi psychiatrique avant que l’hospitalisation ne soit nécessaire».

Dany, 68 ans, enseignante à la retraite: «Je viens surtout par solidarité envers les plus jeunes. C’est aberrant de dire que les fonctionnaires sont des nantis. Certains jeunes fonctionnaires dorment dans leurs voitures».

Une lycéenne, tenant une banderole: «Si j’avais le compte en banque de Sarkozy, je partagerais avec tous mes petits amis… »

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