Journaliste arrêté à Abidjan: pour RSF, «ce n’est pas une affaire de presse»

COTE D’IVOIRE ux Français ainsi que huit Ouest-Africains ont été inculpés et écroués...

C. F. avec agence

— 

L'ancien putschiste ivoirien Ibrahim Coulibaly est interdit de séjour au Bénin, où il vit en exil, à la suite de manoeuvres susceptibles de déstabiliser la Côte d'Ivoire, a déclaré samedi à l'AFP le ministre béninois de l'Intérieur Félix Hessou.

L'ancien putschiste ivoirien Ibrahim Coulibaly est interdit de séjour au Bénin, où il vit en exil, à la suite de manoeuvres susceptibles de déstabiliser la Côte d'Ivoire, a déclaré samedi à l'AFP le ministre béninois de l'Intérieur Félix Hessou. — Jean Ayissi AFP/Archives

«Il ne faut surtout pas comparer cette affaire avec celle de Thomas Dandois et Pierre Creisson au Niger.» Reporter sans frontières (RSF) est circonspect après l’inculpation de deux Français en Côte d’Ivoire mercredi. De sources proches du dossier, l’un d’entre eux serait Jean-Paul Ney, qui se présente comme un «grand reporter» indépendant. Il a été écroué avec un chef d’entreprise franco-ivoirien de 43 ans installé de longue date à Abidjan ainsi que huit Ouest-Africains, a indiqué jeudi la justice ivoirienne.

«Gris-gris» aux bras

Cette dernière enquête sur une présumée tentative de coup d'Etat fin décembre menée par l'ex-putschiste ivoirien en exil Ibrahim Coulibaly, dit «IB». Jean-Paul Ney, qui tient un blog sur 20minutes.fr, avait été interpellé dans la soirée du 27 décembre devant le siège de la Radio-télévision ivoirienne (RTI), en plein centre de la capitale économique du pays où il espérait ce soir-là assister au coup d'Etat, a indiqué une source gouvernementale.

Le procureur, qui n'a pas donné le nom du reporter, s'est contenté d'expliquer que le journaliste avait été interpellé vers 23h (minuit en France) devant la RTI par une brigade anti-criminalité en compagnie d'un Ivoirien «muni d'une arme à feu». Selon lui, le journaliste portait aux bras des «gris-gris», sortes de fétiches souvent utilisés en Afrique par des combattants qui leur attribuent des vertus protectrices.

«Il semble qu’on lui reproche autre chose que d’avoir pris des photos», déclare à 20minutes.fr RSF, qui préfère «prendre ses distances avec ce personnage dès lors qu’il n’a pas été inculpé pour une affaire de presse». L'ambassade de France à Abidjan a pour sa part indiqué qu'elle allait suivre «de près cette affaire» et que les deux ressortissants français avaient reçu dès jeudi matin la protection consulaire.

L’enquête de la Direction de la surveillance du territoire (DST, contre-espionnage) a «abouti à la récupération d'éléments vidéo et d'autres objets servant de pièces à conviction», a expliqué jeudi le procureur de la République d'Abidjan, Raymond Tchimou, ajoutant que «l'enquête suit son cours».

Vidéos sur YouTube

Sur YouTube, on trouve plusieurs vidéos postées il y a une semaine et intitulées «Noël à Abidjan». On y voit notamment Ibrahim Coulibaly en train de préparer, semble-t-il, son coup d’Etat contre le président ivoirien Laurent Gbagbo. Il est en compagnie de plusieurs hommes, dont un blanc. Reste à savoir qui filmait ces images et qui les a mises en ligne. Selon RSF, «la DST elle-même pourrait les avoir postées sur YouTube et Jean-Paul Ney pourrait être derrière la caméra.»

Ibrahim Coulibaly était l'un des acteurs du coup d'Etat de décembre 1999 qui a amené Robert Gueï au pouvoir. Il était aussi derrière la rébellion en septembre 2002 contre le gouvernement du président Laurent Gbagbo. Exilé à Cotonou, le Bénin a demandé le 29 décembre 2007 son expulsion pour avoir tenté de perturber le processus de paix entre Soro et Gabagbo.

Mots-clés :

Aucun mot-clé.