Pour Valérie Pécresse, il n'a que «deux» facs bloquées

UNIVERSITES Plusieurs universités ont été évacuées pendant la nuit...

avec AFP

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Les cinq organisations étudiantes représentatives - l'Unef, la Fage, l'Uni, la Cé et PDE - ainsi que la Conférence des présidents d'universités (CPU) étaient reçues jeudi par la ministre de l'Enseignement supérieur, Valérie Pécresse.

Les cinq organisations étudiantes représentatives - l'Unef, la Fage, l'Uni, la Cé et PDE - ainsi que la Conférence des présidents d'universités (CPU) étaient reçues jeudi par la ministre de l'Enseignement supérieur, Valérie Pécresse. — Martin Bureau AFP

Quand les chiffres font le grand écart. Alors qu’un dernier comptage de l’AFP et de l’Unef faisait état de 46 sites universitaires perturbés, dont 30 bloqués, jeudi soir, la ministre de l'Enseignement supérieur a assuré vendredi sur France 2 que le mouvement étudiant de contestation de sa loi «touchait à des degrés divers 32 universités» sur 85, dont «deux bloquées».

L'entourage de Valérie Pécresse a précisé que les chiffres avancés par la ministre correspondaient à la situation observée jeudi soir. Les deux universités bloquées sont Grenoble-Stendhal et Paris VIII, a-t-on assuré.

Où sont passées les autres?

Il est vrai que plusieurs universités ont été évacuées entre jeudi soir et vendredi matin. Environ 130 étudiants, qui occupaient l'amphithéâtre Richelieu et une partie du deuxième étage de la Sorbonne, ont été évacués jeudi soir par la police, sur réquisition du recteur de Paris.

A Montpellier III, la police a évacué vendredi matin un groupe de personnes qui occupait les amphis de l'université de lettres. «La sécurité n'était plus garantie», a déclaré Jean-Marie Miossec président de Montpellier III. Résultat, l’université est «fermée» «depuis cette intervention».

La police a également évacué sans heurt jeudi soir près de 200 étudiants qui occupaient un amphithéâtre du campus lyonnais de l'université Lyon 2. La situation n'est pas pour autant réglée. Une assemblée générale des étudiants à Bron (sciences humaines, lettres) est prévue le même jour à 13h pour décider de la poursuite ou pas du blocage du site, selon une représentante des étudiants.

L'initiative du déblocage est aussi venue d'étudiants eux-mêmes. A l'université de Franche-Comté à Besançon, les étudiants ont voté en assemblée générale jeudi la levée du blocage de la faculté jusqu'au mardi 20 novembre. Idem à l'université Paris I Panthéon-Sorbonne, où les étudiants ont exprimé à plus de 75% leur opposition au blocage de leur université, actuellement concentré sur le site de Tolbiac.

Mais qu’en est-il d’Amiens, Angers, Bordeaux II et III, Caen, Dijon, Le Havre, La Rochelle, Limoges, Lille I, Lille III, Montpellier II, Metz, Nancy II, Nantes, Orléans, Paris III, Paris XIII, Pau, Perpignan, Rouen, Toulouse II-Le Mirail, Toulouse III et l'IUT de Tarbes?

>> Retrouvez le détail de la situation à Lyon, Bordeaux, Lille, Marseille, Nantes et Toulouse

Au lendemain de sa rencontre avec Valérie Pécresse, Bruno Julliard, président de l'Unef, a expliqué vendredi l'engagement de son syndicat dans le mouvement de contestation étudiante en affirmant que les «promesses» budgétaires n'avaient «pas été tenues» par l'Etat.

«Nous avons toujours dit que cette loi (sur l'autonomie des universités, ndlr) était mauvaise et nous avons voté contre dans l'ensemble des instances universitaires, donc on n'a jamais été satisfaits de cette loi-là», a-t-il affirmé sur France-Inter.
«Ensuite, nous avons obtenu des garanties et des engagements budgétaires conséquents pour éviter le principal risque, qui est le désengagement de l'Etat. Ces promesses n'ont pas été tenues», a-t-il ajouté.

«Excès de confiance de l'Etat»

«Ce n'est pas l'Unef ou les étudiants qui ont brusquement changé d'avis au gré d'un contexte social, c'est le gouvernement qui, à mon avis par un excès de confiance en soi, a pensé que cette loi, il pourrait la faire passer sans respecter ses promesses budgétaires», a-t-il expliqué. «On est en train de lui prouver que ce n'est pas le cas et qu'il faut qu'il revienne à la fois sur une partie du contenu de la loi et en même temps sur les annonces budgétaires», a conclu Bruno Julliard.

Cellule d'écoute L'université d'Aix-Marseille 1, dont le site aixois est fermé depuis une semaine, a annoncé vendredi avoir mis en place une cellule d'écoute (ecoute.pedagogique@
univ-provence.fr)
pour les étudiants, apprentis et stagiaires, afin notamment de les renseigner sur les enseignements non assurés.

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