Un ancien chef de la DGSE dévoile des secrets à des élèves ingénieurs

ESPIONNAGE Les confidences ont été faites en juin sur le coin d'une table...

F.H.

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L'ancien chef technique de la DGSE a dévoilé plusieurs secrets d'Etat lors d'une conférence avec des élèves ingénieurs. (Illustration)

L'ancien chef technique de la DGSE a dévoilé plusieurs secrets d'Etat lors d'une conférence avec des élèves ingénieurs. (Illustration) — MARTIN BUREAU / AFP

Sur un coin de table, micro en main et face à des élèves de l’école d’ingénieurs CentraleSupélec – dont il est issu –, Bernard Barbier, ancien chef technique de la Direction générale de la Sécurité extérieure (DGSE) a levé le voile sur plusieurs secrets d’Etat en juin. Le Monde a pu consulter son intervention filmée qui jusqu’ici n’avait pas filtré et en livre les meilleurs extraits.

« Engueuler les Américains, un grand moment de ma carrière professionnelle »

Face aux étudiants, Bernard Barbier a révélé la vérité sur l’attaque informatique qui a visé l’Elysée entre les deux tours de la présidentielle de 2012. Ce sont bien les Américains qui via un malware (logiciel malveillant) se sont introduits via le compte Facebook de quelqu’un travaillant à l’Elysée. « J’ai reçu l’ordre du successeur de M. Sarkozy d’aller aux Etats-Unis les [Américains] engueuler. Ce fut le 12 avril 2013 et ce fut vraiment un grand moment dans ma carrière professionnelle », avance l’ex-chef technique de la DGSE de 2006 à 2014.

Bernard Barbier revient sur une opération de piratage française qui avait été démasqué par les Canadiens. « Ils ont retrouvé le programmeur [le codeur] qui avait surnommé son malware “Babar” et avait signé “Titi”. Ils en ont conclu qu’il était français. Et effectivement, c’était un Français. » L’ancien chef technique raconte également comment les services secrets français ont constitué une équipe de hacking étatique à partir de 1992.

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Parmi les révélations de Bernard Barbier, il y a la fusion de la DGSE avec le BND, son homologue allemande qui n’a pas vu le jour et son avis sur Edward Snowden. « Un traître à son pays […] qui a montré que l’espionnage entre alliés existait […] A ce titre, Snowden nous a plutôt aidés. »